LES SERIES : MORTAL KOMBAT Article rédigé par Blondex

Il est difficile maintenant de mesurer l'impact qu'a pu avoir Mortal Kombat à son époque. Pourtant, la franchise est parvenue à se maintenir au fil des années, faisant finalement d'elle l'une des plus rentables et les plus connues des séries des jeux de combat. Souvent copié, rarement égalé dans son domaine, Mortal Kombat représente toute l'essence du jeu de combat à l'américaine : sombre et violent !



> Le phénomène Mortal Kombat

Quand Mortal Kombat sort en 1992 dans les salles d'arcade, le choc est bien réel. Face à Street Fighter II, ce nouveau jeu parvint à se créer un style, une ambiance et des codes bien différents.

Mortal Kombat était pourtant un petit projet, dont les pères, Ed Boon (programmation) et John Tobias (scénario, design des personnages), ne mesuraient pas au départ la portée. L'inspiration essentielle du jeu, nous la devons... à Jean-Claude Van Damme !! Eh oui, avant ses thèses sur les cacahuètes et sur l'air, le plus aware des acteurs était au sommet de son art (Full Contact, Kickboxing... des chefs d'oeuvre !). Le jeu devait à l'origine être centré sur JCVD, reprenant son rôle de Bloodsport, mais le projet ne put se faire faute d'accord. Boon et Tobias continuèrent cependant à développer leurs idées, et ainsi naquit Mortal Kombat : un tournoi shaolin organisé par le maléfique sorcier Shang Tsung pour conquérir la Terre !

Reste à planter le décor, et les combattants. On trouve ainsi les 7 guerriers originaux qui feront ensuite la gloire de la série : Liu Kang, le moine shaolin, héros du jeu et l'hommage de Mortal Kombat à Bruce Lee ; Johnny Cage, l'acteur de cinéma, dont la ressemblance à Jean-Claude Van Damme est revendiquée ; Raiden, inspiré du dieu japonais du Tonnerre ; les deux ninjas, Scorpion et Sub-Zero, dont la rivalité est mise en avant ; Sonya, la touche féminine dans ce monde de brutes ; et enfin, Kano, le brigand sans foi ni loi.

A ces 7 combattants (ou plutôt devrais-je dire "kombattants"), s'ajoutent Goro, le monstre à 4 bras (et le seul qui ne soit pas incarné par un acteur), Shang Tsung et sa capacité à prendre l'apparence de tous les personnages du jeu, et le ninja Reptile, premier personnage secret dans un jeu de combat, qui cumulait les pouvoirs de Sub-Zero et Scorpion !

Le rendu graphique de l'ensemble, et surtout des kombattants, fit vraiment une très forte impression à l'époque. A l'opposé du rendu cartoon de Street Fighter II, Mortal Kombat propose des guerriers réalistes, grâce à des images digitalisées, technique déjà employée dans le mauvais Pit Fighter. Mais Mortal Kombat ne serait pas ce qu'il est sans l'excès de violence, qui suscita la polémique. De l'aveu même d'Ed Boon, ce sont les ajouts de sang et du gore qui ont permis à Mortal Kombat de connaître autant de succès.

Il est vrai que le jeu n'est techniquement pas aussi abouti que son concurrent Street Fighter II. De base, les kombattants possèdent tous les mêmes coups, il n'y pas grande différence à manier Sonya ou Raiden. Les apports de Mortal Kombat sont cependant réels : chaque kombattant peut enchaîner des coups de poings rapidement, et effectuer un uppercut particulièrement dévastateur, envoyant l'adversaire valdinguer à l'autre bout de l'écran ! Les seules nettes différences entre chaque kombattant sont les coups spéciaux, une autre marque de fabrique de Mortal Kombat. Le grappin de Scorpion ou la boule de glace de Sub-Zero sont désormais des classiques au même titre que le Hadoken de Ryu !

Voilà, jusque là, je vous aurai fait patienter, mais il est plus que temps d'attaquer le coeur du sujet. Impossible de ne pas évoquer Mortal Kombat sans parler des fameuses Fatalities ! Le match remporté n'est en effet pas tout à fait fini. La vie du vaincu sera ainsi laissée à la merci du vainqueur, par ces simples mots, Finish Him ! (Her, pour Sonya) , résonnant encore dans les salles d'arcade enfumées comme un moment de tension extrême. La manipulation réussie, l'écran s'obscurcit, et le verdict sera sans appel : la peine de mort, accompagnée de cris de douleur et parfois de flots d'hémoglobine ! De par leurs barbaries, les fatalities de Mortal Kombat gardent encore aujourd'hui un impact fort : difficile d'oublier les piques fatales en-dessous du célèbre stage The Pit, Sub-Zero arrachant la tête de son adversaire avec la colonne vertébrale (sans doute la plus gore du jeu) ou encore Kano exhibant fièrement le coeur du vaincu...

Au delà des fatalities, Mortal Kombat rencontrera un tel succès qu'il sera adapté sur un nombre de supports phénoménal : Super Nintendo et Megadrive pour les plus connues, mais également Game Boy, Game Gear, PC, Mega CD... Le passage sur consoles ne se fit cependant pas sans douleur. Pour des questions de censure, le sang sera ainsi supprimé, et si la version Megadrive pouvait encore proposer un code secret pour le rétablir, la version Super restera définitivement sang-suré, la salive remplaçant l'hémoglobine, et les fatalities les plus violentes modifiées.


> Mortal Kombat Puissance 2

Le succès de Mortal Kombat ne pouvait cependant rester sans suite : le deuxième volet arrivera en 1993 !

Là aussi, on garde peu en mémoire l'impact de Mortal Kombat II, notamment par-rapport à son concurrent. Super Street Fighter II fut ainsi avancé plus tôt que prévu pour contrer Mortal Kombat II. Et les raisons d'avoir peur étaient certaines : tout le contenu de Mortal Kombat sera proposé en double dans sa suite. 12 kombattants, des décors différents, des combats plus techniques et passionnants, une ambiance nettement plus sombre, encore plus de sang, ainsi que des fatalities en très grand nombre... Midway frappe un grand coup !

Chaque ancien kombattant fut également refait à neuf : Hormis les désormais 3 ninjas (Scorpion, Sub-Zero et Reptile jouable avec ses propres coups spéciaux), Liu Kang perdait un peu de sa filiation avec Bruce Lee, Cage avec Jean-Claude Van Damme, Raiden gagnait en prestance et Shang Tsung (lui aussi jouable) en jeunesse ! Pour les besoins de l'histoire, Kano et Sonya seront relégués dans le décor de la Kahn's Arena, laissant ainsi place à Jax, le moine Kung Lao et son chapeau tranchant, les deux assassins Mileena et Kitana (pendants féminins aux ninjas), ainsi que le mutant aux longues dents Baraka. Encore une fois, tous ces nouveaux personnages deviendront des piliers de la série.

Un cran au-dessus également en matière de fatalities, où les développeurs poussent parfois très loin dans le gore. S'il ne fallait en citer qu'une, ce serait assurément celle de Kung Lao, un découpage de l'adversaire en deux à la verticale ! Malgré tout, l'aspect graphique, certes plus joli, tend finalement vers un rendu moins réaliste, voire plus "cartoon". La multiplication des fatalities, parfois grotesques, additionnées aux Babalities (adversaire transformé en bébé) et aux Friendships (petites saynètes rigolotes mais un peu hors de propos), a sans doute contribué à conférer une ambiance moins sérieuse à ce MK II.

Les conversions consoles étendront également la popularité de Mortal Kombat II, notamment grâce à l'adaptation soignée de la version Super Nintendo, cette fois non censurée. On compte évidemment sur des versions Megadrive, Game Gear, Game Boy et Saturn, pour les plus répandues. Aujourd'hui encore, Mortal Kombat II conserve une certaine aura, et est souvent cité comme l'épisode de référence de la série, pour les fans comme pour les autres.


> Mortal Kombat 3 et ses dérives

Fondateur de son propre genre de jeu de combat, finalement assez différent des classiques de Capcom ou de SNK, Mortal Kombat sera souvent copié, parfois de manière éhontée (comme Kasumi Ninja sur Jaguar, Way of the Warrior sur 3DO, et même Street Fighter The Movie, l'adaptation vidéoludique du film... avec Jean-Claude Van Damme !). Pourtant, seul l'excellent et impressionnant Killer Instinct sera le seul réel concurrent de Mortal Kombat dans le domaine des jeux de combat violents... en 1995, date de sortie de Mortal Kombat 3.

2 ans, c'est effectivement une longue période durant laquelle l'équipe de Boon et Tobias fignola le nouveau volet de sa série, marqué par un tournant radical. Le cadre du jeu se déroule ainsi dans une métropole en ruines, dévastée par Shao Kahn. Les combats se dérouleront ainsi dans des lieux nettement moins exotiques, comme une station de métro, une rue déserte ou un cimetière.

La liste des kombattants s'étoffera également, avec pas moins de 14 guerriers prêts à en découdre avec Shao Kahn. Cependant, de vénérables anciens, comme Cage, Raiden et surtout Scorpion, seront abandonnés, les deux premiers s'expliquant pour des conflits contractuels avec les acteurs les incarnant. Bien sûr, de nouvelles têtes apparaissent pour compenser ces manques : 7 nouveaux, pour seulement 7 kombattants repris des deux précédents.

L'impression au final de ce MK 3 reste sujette à controverse. L'ambiance shaolin, marque de fabrique de la série, est abandonnée pour un univers plutôt dénué d'âme dans l'ensemble, et par certains aspects, la série vire à l'auto-parodie, multipliant les fatalities plutôt comiques (un corps décapité reste debout, par exemple), les animalities (transformations en animaux), et autres friendships.

Malgré tout, les apports de Mortal Kombat 3 ne sont pas négligeables : il est un des premiers jeux de combat à proposer la possibilité de courir, mais également de réaliser des enchaînements (certes nettement moins que Killer Instinct). Pour la violence accrue de ses combats, mais aussi l'exigence technique encore plus élevée, MK 3 est considéré par certains comme le plus abouti des Mortal Kombat en 2D. Pour d'autres en revanche, les abandons du cachet Mortal Kombat et de personnages-clés, ainsi qu'une maniabilité rigide, passent mal.

Signe des dérives de la série, et aussi pour répondre aux attentes de fans déçus, une nouvelle version sera proposée : Ultimate Mortal Kombat 3. Apportant de nouveaux décors, et surtout les retours de kombattants classiques, avec en tête Scorpion, Reptile, Kitana, la version masquée de Sub-Zero, ainsi qu'une ribambelle d'autres ninjas et ninjettes, l'ensemble utilisant au final toute la palette des couleurs de l'arc-en-ciel ! Malgré cela, Ultimate Mortal Kombat 3 est considéré par ses développeurs comme le véritable 3ème volet... signe d'un éditeur souhaitant exploiter le filon jusqu'à la corde.

La dérive va se prolonger avec Mortal Kombat Trilogy sur PS, Saturn et N64, utilisant le moteur graphique et le principe du 3ème volet, et recyclant tout à la fois les anciens décors et anciens kombattants.

Globalement, Mortal Kombat 3 a rencontré à la fois un succès critique et commercial, mais Midway a sans doute pris conscience d'avoir trop tiré sur la corde, notamment concernant la multiplication des personnages de ninjas et la présence de trop nombreuses touches humoristiques qui ont fini par froisser les fans.


> La fin d'une époque

Mortal Kombat 4, sorti en 1997, est donc destiné à faire entrer la série dans une nouvelle ère, à double titre : le jeu sera en 3D – un élément sautant tout de suite aux yeux -, mais marque également un retour à la violence pure et dure.

Refonte complète donc... ne portant en réalité que sur la forme, car le gameplay reste grandement inchangé par rapport à Mortal Kombat 3. Le jeu est bien en 3D, mais cela reste de la baston 2D tout ce qu'il y a de plus classique. Une évolution qui fut à l'époque mal vue alors que des séries comme Tekken ou Virtua Fighter avaient le vent en poupe. Les réelles innovations sont très peu nombreuses, et tiennent plus à l'atmosphère du jeu, effectivement plus sombre et plus violente : les friendships et babalities ont été supprimées, ne laissant que les fatalities bien sanglantes. Le cadre est également revenu dans un univers fantastique inquiétant. Le niveau de la Forêt vivante de Mortal Kombat II sera ainsi repris, tout comme l'ultra-classique Goro's Lair du premier volet.

En cours de combat, il est également possible de sortir une arme pour augmenter les dégâts, mais cette nouveauté, présentée comme majeure par Midway, se révéla tout à fait anecdotique.

Au rang des personnages, le jeu compte surtout sur la transposition en 3D des combattants classiques (Cage, Liu Kang, Sonya, Jax, Raiden) et quelques vrais nouveaux (dont Quan Chi, mis en avant comme vedette du jeu, et le seul réellement convainquant) pour attirer le chaland. Midway avait par ailleurs tenté une diversification de dernière minute, qui présente l'inconvénient d'être apparente. Soucieuse de limiter le nombre de ninjas, dont l'utilisation devenait excessive, l'équipe de Tobias et Boon ne conservera ainsi que Scorpion et Sub-Zero, les plus emblématiques. Reptile subira quant à lui un sérieux lifting. L'intention ne fut en fait qu'un leurre. Le jeu devait en effet compter dans ses rangs Kitana, Noob et Kano : ils seront remplacés à la hâte par Tanya, Reiko et Jarek. Une simple recoloration des premiers nommés, de nouvelles têtes, et le tour était joué.

Mortal Kombat 4 suscite de nos jours une grande indifférence. Si Mortal Kombat 3 provoque en effet toujours adhésion ou rejet complet, le 4ème volet est sans doute le plus méconnu de la série.

Le jeu fut néanmoins adapté sur un nombre honorable de supports. Les versions consoles (PS et N64) et PC, fidèles à leur modèle d'origine, proposaient comme principal ajout l'emblématique Goro. La Dreamcast eut quant à elle droit à Mortal Kombat Gold, qui à la manière d'un Ultimate Mortal Kombat 3, rappelait des personnages supplémentaires repris des précédents volets, ainsi que des nouveaux décors. Une version généralement considérée comme ratée et indigne de la Dreamcast.

Le déclin de la série se poursuivra également avec des jeux dérivés, comme Mortal Kombat Mythologies – Sub-Zero (PS et N64), un beat'em all franchement mauvais, et Mortal Kombat – Special Forces (PS), classé au rang de daube !


> Une complète remise en cause

Suite aux échecs de ces deux jeux, John Tobias décide de quitter l'aventure. Il reviendra donc au seul Ed Boon de remettre la franchise sur de bons rails. Quand il fallut réfléchir à un nouveau Mortal Kombat, la donne avait changé : l'équipe de Boon dut faire face à une crise majeure de l'Arcade aux Etats-Unis. L'époque des salles d'arcade est révolue.

Mortal Kombat 4 sera donc le dernier jeu de la série à sortir en Arcade. L'accueil froid réservé à ce dernier a entraîné également une totale remise en cause. La série doit évoluer si elle veut survivre, et abandonne ainsi son traditionnel gameplay 2D pour un gameplay 3D, à la manière d'un Tekken.

Quand le nouveau Mortal Kombat, finalement sous-titré Deadly Alliance, sort en 2002 sur PS2, XBOX et GC, l'évolution est particulièrement notable. Outre le changement complet de gameplay, chaque combattant dispose de deux styles de combat à mains nues, avec des enchaînements et coups variés, en plus de l'usage d'une arme.

Mortal Kombat – Deadly Alliance n'a pourtant plus à rien à voir sur le fond avec les anciens volets. Les vieux réflexes (comme l'uppercut ou la manière d'éviter les projectiles), les enchaînements traditionnels, les manipulations des coups spéciaux, la possibilité de courir... Tout cela a disparu ! Midway est pour ainsi dire reparti du début, réinventant complètement la manière de jouer à un Mortal Kombat. Un choc pour les fans, toujours très conservateurs quelles que soient les séries, et paradoxalement, une bénédiction pour les autres. Car Deadly Alliance reçut un accueil critique favorable, surprise par le travail effectué par l'équipe de Boon. Ce dernier précisa d'ailleurs que Deadly Alliance fut un projet bien plus important que ne le fut les précédents épisodes réunis, en terme de moyens humains et financiers.

Des changements importants sur le fond, et paradoxalement moins sur la forme : le jeu compte en effet de nombreux nouveaux kombattants, une fois encore peu marquants, mais recycle cette fois largement les anciens. Hormis Liu Kang, sacrifié pour les besoins du scénario et seul absent notable, 11 kombattants sur les 23 que compte le jeu sont repris des deux premiers volets. Bref, pour repartir sur de nouvelles bases, la meilleure solution reste encore de s'appuyer sur ce qui a fait le succès de la série. Les décors rappellent également le premier Mortal Kombat, pour une ambiance plus shaolin que sombre, les jeux bonus (le fameux "Test your Might" notamment) ont été réintégrés, et le nombre de fatalities par personnage est limitée... à une seule !

Symbole d'une renaissance de la série, la numérotation a été abandonnée. Si le projet avait en effet pour nom provisoire Mortal Kombat V, il prit d'abord pour titre Mortal Kombat Vengeance (utilisant le V pour 5), puis finalement Deadly Alliance, en référence à l'alliance des deux méchants du jeu, Shang Tsung et Quan Chi.


> Succès et limites de la nouvelle formule

Face au succès de Deadly Alliance, Midway ne tarda pas à proposer une suite sur PS2 et XBOX dans un premier temps : Mortal Kombat – Deception... qui prit le nom de Mystification en France (le titre original passait évidemment mal, bien que "Deception" signifie en réalité "Trahison").

Ce 6ème volet s'appuya fort logiquement sur Deadly Alliance en matière de gameplay, et fut le premier de la série à proposer des combats en ligne ! Les évolutions restent cependant assez timides comparé à la révolution du précédent épisode, mais au moins ne pourra-t-on pas accuser Midway de faire un copier-coller. Sur les 26 kombattants du jeu, 6 seulement seront repris de Deadly Alliance ! Parmi eux, Scorpion et Sub-Zero, indispensables, ainsi qu'un Raiden corrompu. Les autres personnages seront pour une part significative repris d'Ultimate Mortal Kombat 3, ainsi qu'une nouvelle fournée de nouveaux kombattants parés pour la boucherie ! La version GC, sortie plus tard, comptera même dans ses rangs les retours de Goro et Shao Kahn (une compensation pour l'absence de jeu en ligne)... tandis qu'un Liu Kang revenu d'entre les morts fait figure de personnage à débloquer dans toutes les versions, secret bien gardé pour provoquer chez les fans un choc.

Mystification est également revenu sur quelques éléments abandonnés dans Deadly Alliance, notamment les uppercuts, réintroduits, ainsi que sur des arènes plus ouvertes, permettant notamment des Pit fatalities. Les kombattants disposent également de deux fatalities, ainsi que, nouveauté, d'un "Hara Kiri", un moyen pour le vaincu de se suicider avant que le vainqueur n'exécute sa Fatality ! Un cran au-dessus en matière de finesse et de poésie !

Dans la foulée, un épisode dérivé, Mortal Kombat - Shaolin Monks (PS2 et XBOX), propose de revenir sur les événements des deux premiers Mortal Kombat, à travers un beat'em all plutôt convainquant proposant d'incarner Liu Kang et Kung Lao.

L'Arcade est donc bien loin, mais pas les travers. Car si Mystification est une vraie suite travaillée de Deadly Alliance, c'est moins le cas de Mortal Kombat – Unchained, l'adaptation sur PSP de Mystification reprenant des personnages et des décors de Deadly Alliance... et surtout du 7ème volet, Mortal Kombat Armageddon, qui ressemble à un nouveau Mortal Kombat Trilogy.

Faisant fi de certaines améliorations proposées par Deadly Alliance, Midway a préféré proposer un épisode hommage, regroupant absolument tous les personnages apparus dans la saga... et cela en fait 63 (64 pour la version Wii) ! Le fond est cependant grandement sacrifié, et malgré leur nombre, les kombattants se ressemblent beaucoup. Ils ne disposent également que d'un seul style de combat en plus d'une arme, et n'exécutent qu'un seul type de fatality, faite de combinaisons de coups.

Sorti sur PS2, XBOX puis sur Wii, Mortal Kombat Armageddon n'a cependant pas rencontré un succès phénoménal, comme si la nouvelle tendance lancée depuis Deadly Alliance s'était déjà estompée.


> Une escapade commerciale

Parce que le modèle de Deadly Alliance a atteint ses limites avec Armageddon, de nombreuses questions se sont posées quant à l'avenir de la série. Non qu'elle ait été menacée de disparition, mais le besoin de renouvellement se faisait sentir ; un renouvellement qui passe d'abord par l'arrivée sur les consoles de la génération PS3/360.

En attendant la véritable suite de Mortal Kombat, l'équipe d'Ed Boon s'est d'abord orientée en 2008 dans une voie plus lucrative, tournée vers le grand public. 10 ans après les cross-over entre les univers de Capcom et de Marvel (X-Men Vs Street Fighter, Marvel Vs Capcom...), c'est donc au tour de l'univers de Mortal Kombat de rencontrer celui de DC Comics, le concurrent de Marvel !

Mortal Kombat Vs DC Universe permet ainsi de nouveaux chocs inédits et inattendus, entre Scorpion, Sub-Zero ou Shang Tsung côté MK, et Superman, Batman et Joker côté DC. Ce nouveau jeu offre également une approche moins violente, et nettement moins sanglante que les volets habituels de la série ; licence DC oblige, le jeu vise un public potentiellement plus jeune, et l'idée de démembrer Superman a essuyé un refus catégorique de DC Comics. Les fatalities très sages (à l'image d'ailleurs de celles des versions 16-bits du 1er MK) ont pu également être censurées en Amérique du Nord si elles étaient jugées encore trop violentes, comme celle du Joker tuant (simplement) son adversaire d'une balle de revolver.

Malgré un certain succès commercial sur Xbox 360 et PS3, Mortal Kombat Vs DC Universe est un hors-série. De plus, l'accueil plutôt réservé reçu par le jeu, mettant en cause la réalisation générale ainsi que la violence trop réduite, n'appelle pas forcément à une suite de ce cross-over.


> Retour aux sources

La disparition de Midway, victime de la crise, a laissé sur le carreau de nombreux studios de développement de l'éditeur. Warner Bros Interactive a en effet racheté Midway Games pour en licencier quasiment tout le personnel... sauf ceux du studio de Chicago en charge de la série Mortal Kombat. Une telle valeur refuge ne pouvait ainsi passer à la trappe ou être confiée à d'autres que l'équipe d'Ed Boon, renommée NetherRealm Studios.

L'aventure « Mortal Kombat » continue donc bel et bien, mais comme pour symboliser ce nouveau départ, le 9ème volet suit la tendance très à la mode dans le milieu du cinéma hollywoodien et du jeu vidéo : le « reboot » ! Ah c'est pratique d'ailleurs, le « reboot » : quand on est à court d'idées pour développer une histoire, on reprend tout depuis le début, et c'est reparti pour un tour ! Sobrement intitulé Mortal Kombat, le 9ème volet revient en effet sur les trois premiers jeux de la série et rassemble ainsi tous les kombattants qui y sont apparus, sans exception ou presque (le centaure Motaro de MK3 étant le seul à être passé à la trappe), ajoutant en bonus Quan Chi de MK4, Kenshi de Deadly Alliance, ainsi qu'une version robotique de Sub-Zero, une nouvelle ninjette rouge, et le célèbre Freddy Kruger, invité de marque parfaitement à son aise dans cet univers sanglant. Un gros remake de Mortal Kombat Trilogy, en somme.

Ed Boon avait promis une évolution du gameplay après Armageddon ; sorti en 2011 sur PS3 et Xbox 360, "MK9" est plutôt un retour aux origines de la série. Ainsi, à l'image du premier Mortal Kombat qui s'était inscrit dans le sillage de Street Fighter II, le nouveau Mortal Kombat profite du succès de Street Fighter IV pour en revenir au gameplay traditionnel en 2D, avec l'utilisation d'un moteur 3D. Surtout, après les fatalities personnalisables d'Armageddon et un MK Vs DC Universe édulcoré, le jeu revient à ce qui a fait le succès de la série : des fatalities particulièrement sanguinolentes, ainsi qu'une nouvelle technique, les attaques X-Ray, succession de coups violents passée aux rayons X pour montrer l'impact direct des échanges d'amabilité sur le corps humain (os broyés, crâne défoncé, et j'en passe).

Succès commercial, Mortal Kombat « 9 » a également rencontré un accueil critique très favorable auprès de la presse spécialisée que la série n'avait pas connu depuis Deadly Alliance. Un dixième Mortal Kombat est d’autant plus inévitable que le mode Histoire se termine sur une fin ouverte, promettant le retour d’anciens kombattants et sans doute l’arrivée de nouveaux.
Fort de l’expérience acquise avec Mortal Kombat, le désormais très important studio NetherRealm Studios s’est attelé à développer Injustice – Les Dieux sont parmi nous, sorti sur de nombreux supports en 2013. Une escapade doublement logique en fait : désormais dans le giron de Warner, l’équipe d’Ed Boon a librement accès à l’univers DC Comics, et pourra ainsi donner une suite à son crossover Mortal Kombat vs DC Universe en se concentrant cette fois pleinement sur les superhéros, délaissant sa franchise phare le temps d’un jeu. Enfin, presque délaisser, puisque Scorpion fera une apparition en DLC !


> Une machine parfaitement huilée

Lorsque le nouveau Mortal Kombat sera finalement annoncé sur PS4, Xbox One et PC pour une sortie en 2015 (ainsi que sur PS3 et Xbox 360, mais ces portages seront finalement annulés), l’expérience acquise sur Injustice permettra à NetherRealm Studios d’affiner le gameplay de sa franchise. Initialement intitulé Mortal Kombat 2, le nouveau volet sera finalement nommé tout aussi sobrement Mortal Kombat X, confusion savamment entretenue entre le désir de passer à la vitesse supérieure (c’est ce que signifie la lettre X dans le jeu vidéo), le fait qu’il soit le dixième volet, et la recherche constante de la violence outrancière qui flirte avec l’interdiction aux moins de 18 ans. Sur ce point, Ed Boon avait promis des X-Rays moves et des Fatalities toujours plus gore, et les trailers de présentation ont beaucoup insisté sur le soin apporté à leurs mises en scène.

Le temps où Mortal Kombat ne valait que pour ses mises à mort est toutefois bien révolu, et Mortal Kombat X se veut aussi être un jeu de baston plus à même de séduire les compétiteurs. La grande nouveauté de cet opus n’est pas tant le retour du Run introduit dans MK3 et abandonné depuis MK4, que l’apport de 3 variations de combats pour chaque kombattant. A ne pas confondre avec les styles de combat de Deadly Alliance, elles sont en fait similaires dans leurs principes aux modes de combat (ISM) vus Street Fighter Alpha 3 : le maniement d’un kombattant conserve ainsi une base commune, mais le retrait ou l’ajout de coups peut le modifier sensiblement suivant le style. Enfin, le jeu en ligne n’a pas été oublié, avec des batailles réparties en cinq factions.

Le précédent volet ainsi qu’Injustice ont aussi apporté une nouvelle tradition désormais commune aux jeux NetherRealm Studios : un mode Histoire long d’une dizaine d’heures. Si Mortal Kombat 2011 réécrivait l’histoire des trois premiers volets et créait au final une nouvelle continuité (effaçant du même coup les volets 4 à Armageddon), Mortal Kombat X poursuit dans cette voie tracée, non sans faire intervenir des personnages apparus dans la première continuité, notamment Shinnok, boss de MK4 reprenant ici son rôle de grand méchant. L’histoire se déroulant sur 20 ans, l’heure est ainsi à l’introduction de la nouvelle génération de kombattants, comme Cassie (la fille de Johnny Cage et Sonya), Jacqui (la fille de Jax) ou encore Takeda (le fils de Kenshi). A leurs côtés, de nouvelles têtes (Erron Black, D’Vorah, Kotal Kahn ou Ferra/Torr) apportent de réelles nouveautés, tandis que de nombreux anciens, à commencer par les 7 originaux, demeurent fidèles au poste malgré le temps qui passe et les têtes qui ne cessent jamais de repousser !

Sûr de sa force commerciale, NetherRealm Studios ne manquera pas de sortir de juteux DLC en deux packs, intégrant notamment des personnages invités tous issus du cinéma d’horreur (Predator, Alien, Jason Voorhees et Leatherface), puis de proposer une version tout compris intitulée Mortal Kombat XL, sortie quant à elle en 2016 uniquement sur Xbone One et PS4. Après tout, les autres le font bien, pourquoi pas Mortal Kombat ?

Ce nouveau succès à la fois critique et commercial traduit bien la machinerie parfaitement huilée qu’est devenu Mortal Kombat depuis sa reprise en main en 2011. La franchise étant désormais bien établie et particulièrement rentable, NetherRealm Studios ne peut plus se permettre les écarts commis durant les années 90, et peaufinera sans doute son 11ème volet pour proposer un jeu de combat toujours plus technique... et toujours plus gore !


> Mortal Kombaaaaaat !

Série de jeux faite par des Américains pour un public américain, Mortal Kombat aura connu, quelques soient les épisodes, un immense succès outre-atlantique, que nous Européens avons plus de mal à saisir. Les deux premiers restent bien évidemment dans les mémoires, mais ont bien sûr vieilli. Les autres sont souvent vus comme ringards, ou de mauvais goûts. On garde également de la série la tendance à multiplier les ninjas, dont un simple changement de couleurs suffisait à la création d'un nouveau personnage. Pourtant, s'il y a deux personnages qui ressortent du lot, ce sont bien Scorpion et Sub-Zero. Le premier est même désormais la mascotte de NetherRealm Studios ; le second n'a quant à lui jamais raté un jeu de la série (exception faite de Special Forces, qu'on oublie toutefois volontiers).

Mortal Kombat a en fait toujours cultivé une image à part, notamment parce que nombre de ses épisodes aura suscité la controverse, et un déchaînement des ligues de vertu (ayant culminé avec Mortal Kombat 4). La violence étant désormais plus banalisée dans les jeux vidéo, celle très exagérée de la série prête plus à rire qu'à épouvanter, même si les deux derniers volets en date font tout de même fort en matière de gore.

Malgré tous les reproches adressées à Mortal Kombat, la série a su s'adapter avec son temps en réussissant finalement, à la différence d'autres séries traditionnelles de la baston 2D, sa transposition dans un gameplay 3D, et en se remettant en cause quand elle commençait à tourner en rond. Le reboot de 2011 ainsi que Mortal Kombat X ont ainsi pérennisé la série dans le paysage vidéoludique, avec succès. Que cela vous plaise ou non, les aimables joutes barbares de Scorpion et tous ses amis ne sont pas prêtes de s'arrêter !

A lire : tous les avis sur les jeux Mortal Kombat
Dernière mise à jour le 06/08/2016
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