LES JEUX INEDITS : ROCKBOARD Article rédigé par Enker

Les jeux de société sur console sont sans doute une frange mineure du jeu-vidéo qui est assez peu exploitée. Et pourtant, elle existe, preuve en est avec "Wily & Right no RockBoard : That’s Paradise !"
Croisement insolite et improbable entre l’univers de Monopoly et de Megaman sur la NES, RockBoard (appelons-le comme ça, c’est plus court et tout aussi compréhensible) vous permettra de prendre le contrôle d’un personnage de la série tout au long d’une partie de jeu de société qui promet d’être endiablée. Vous en aviez rêvé ? Non ? Ben c’est pas grave, Capcom l’a fait quand même pour le plaisir des petits et des grands.


> Privé d’exportation

Vu le titre exotique du jeu, vous aurez sans doute deviné que celui-ci n’a jamais quitté le Japon. Si ce n’était pas le cas, l’erreur est réparée vous le savez maintenant ! La première question est bien sûr de savoir pourquoi nous n’avons jamais eu le plaisir de jouer à cette perle. La réponse est simple ! Ce titre est paru en janvier 1993, soit entre les Megaman 5 et 6. Si l’épisode 5 est sorti par chez nous, il n’en a pas été le cas pour le 6, ce qui explique en partie cette volonté de ne pas l’exporter. Mais les Etats-Unis me direz-vous ? Oui, Megaman 6 est sorti chez eux, mais pas RockBoard. En effet, vous avez totalement raison ! Je suppose que vu que la console était en net déclin à ce moment là, Capcom USA n’a sans doute pas estimé utile de traduire l’intégralité d’un jeu qui comporte finalement énormément de texte, à l'opposé d’un Megaman traditionnel (et jouer à RockBoard sans comprendre ce qui est raconté, c’est un peu comme partir à la pêche sans hameçon : ça ne sert à rien). Frais de traduction et d’adaptation obligent, l’Amérique n’aura donc pas découvert ce titre. Autre possibilité que j’ai lue sur le net, RockBoard étant un jeu d’argent, Nintendo USA et sa politique farfelue n’a pas voulu le diffuser. Théorie pas vraiment convaincante selon moi puisqu’il existe un Monopoly sur NES, mais bon, passons.

Heureusement, Internet est passé par là et a permis de faire découvrir ce jeu via l’émulation. Mieux encore, un groupe amateur a décidé de réaliser un patch de traduction afin de jouer à RockBoard en anglais. Je remercie donc l’équipe du Doctor Cossack’s Laboratory qui aura mis pas moins de sept ans à finaliser cet outil indispensable pour l’apprenti joueur de RockBoard. Ce sera donc à la version patchée du jeu que vous aurez droit par la suite.


> Dis-moi quel est ton rêve, je te dirai qui tu es

Passons donc au jeu lui-même. Comme je l’ai déjà expliqué, RockBoard est une sorte de jeu de société dans lequel le joueur pourra diriger cinq des personnages de la série. Mais pas n’importe lesquels, puisque Megaman ne sera pas jouable : Light, Wily, Cossack, sa fille Kalinka et Roll seront ainsi les cinq choix possibles en début de partie. Une fois lancés sur le plateau, ces personnages auront à cœur de réaliser leur rêve le plus précieux à coups d’argent et autres coups fourrés. Ainsi, Light cherchera à créer un monde de paix, Wily a conquérir le monde, Cossack tentera de populariser la science et Roll de couvrir le monde d’hôpitaux. Il n’y a finalement que l’objectif de Kalinka qui me laisse perplexe puisque seul l’aspect financier de la chose semble l’intéresser. Bel état d’esprit devant tant d’idéalisme, n’est-ce pas ?

Quoi qu’il en soit, l’objectif de chaque personnage sera de construire des bâtiments sur les terrains du plateau et de les faire grandir jusqu’à leur taille maximale. Ceci passant bien évidemment par l’achat du terrain en question et la création automatique d’un loyer plus ou moins grand selon ce qui est construit dessus. La comparaison avec Monopoly n’est finalement pas usurpée, bien au contraire.
Quatre joueurs pourront prendre part simultanément à ce jeu, que ce soit des joueurs humains ou gérés par la console. Le un contre un est à prohiber, le trois contre un étant le plus intéressant mais peut-être trop long. Finalement, une partie en deux contre un s’avère un bon choix.


> Coups bas entre amis

A prime abord, les règles de ce jeu sont assez floues car acheter un terrain ne signifie pas pour autant en avoir tous les droits. En effet, si un joueur adverse tombe sur un terrain vierge mais appartenant déjà à quelqu’un, il pourra construire dessus, tout en vous versant un peu d’argent. Mieux encore, il pourra vous racheter ce terrain sans vous demander votre avis. Au final, il vaut mieux se dépêcher de construire dès que possible, quel que soit le propriétaire du terrain.

Le but du jeu étant d’amasser le plus d’argent, il vaut mieux construire sur son propre terrain car il n’y aura pas de loyer à débourser et celui reçu sera plus important. Dans le même ordre d’idée, posséder plusieurs possessions adjacentes augmentera le tarif du loyer à percevoir et multiplier ce genre d’action peut faire basculer une partie. Mais la fourberie n’a pas de limite et vos adversaires pourront également vous racheter vos constructions ! Pour éviter cela, il faudra les améliorer jusqu’à atteindre progressivement le niveau le plus élevé (trois niveaux possibles) qui sera alors intouchable...dans le principe.

En effet, construire dans RockBoard n’est pas pour autant synonyme de conserver. Ceci grâce aux cartes qui pourront être obtenues sur certaines cases : le joueur obtiendra alors une carte au hasard, celle-ci pouvant avoir un effet particulier. Trois catégories de carte s’opposent : les cartes bonus, les cartes d’attaque et les cartes malus.

Les bonus permettront par exemple au joueur de relancer le dé ou de se protéger d’une carte adverse. Les cartes d’attaque permettront de pénaliser l’adversaire, par exemple en détruisant ses bâtiments ou en annulant momentanément les primes de ses terrains. Enfin, les cartes malus sont introduites par un nouveau personnage nommé Reggae et sont à fuir comme la peste : dans le meilleur des cas, elles affaibliront l’un de vos bâtiments. Dans le pire, elles vous retireront tout votre argent...

De même, une case de transformation pourra changer votre personnage en un boss pendant un tour complet. Trois issues tirées au hasard sont possibles : Guts Man pourra réduire le niveau d’une construction adverse, Shadow Man pourra voler des cartes à l’adversaire, et Dust Man aspirera le loyer d’un terrain. L’inconvénient majeur de ces transformations est que le joueur ne pourra plus acheter ni construire pendant tout un tour, mais en contre partie, il ne perdra pas d’argent en cas de visite chez un joueur adverse. A noter que seul un joueur à la fois pourra être transformé.


> Now, the world is mine ! (Dr. Albert W. Wily)

Le principe de RockBoard est finalement assez simple : amasser le plus d’argent possible tout en possédant des terrains et des bâtiments afin de ralentir au maximum vos adversaires. Pour remporter la partie, il faudra disputer quatre manches sur des plateaux différents pour lesquels les objectifs changeront, un budget et des possessions minimum à atteindre seront ainsi fixés au préalable.

Ne reste plus qu’à lancer les dés et à élaborer votre stratégie pour devancer vos rivaux et réaliser votre rêve !

Au final, RockBoard fait plus que proposer un simple plagiat de Monopoly et offre au joueur un jeu intéressant et bien fendard pour peu d’y jouer à plusieurs. Techniquement et graphiquement, le jeu ne fait pas des étincelles et l’ensemble est bien trop répétitif, sans parler de la musique. Mais ce n’est sans doute pas ce qui est demandé à un jeu de plateau, dont l’intérêt prime clairement sur la forme !

Cependant, le point noir énorme de RockBoard est justement son aspect répétitif, ce qui est amplifié par la durée assez longue des parties. Au bout d’un certain temps, le joueur finit par en avoir marre tant il a l’impression de tourner en rond sans réellement avancer. Et c’est finalement ce qui peut être reproché aux jeux de société sur console, leur place étant fatalement plus sur la table du salon avec la famille ou les amis.

L’intérêt de RockBoard est donc discutable. Capcom a voulu profiter de la série pour remplir les caisses, même si cet épisode hors-série s’en sort bien mieux que le Megaman Soccer sorti l’année suivante. Il n’y a donc pas de regret à avoir pour ne pas avoir eu droit à ce jeu dans nos contrées.

   Télécharger la rom patchée.
 Voir la fiche du jeu Rockboard.

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