LES FILMS ET LES JEUX VIDEO : LA SAGA STAR WARS Article rédigé par Blondex

Les amateurs de jeux vidéo le savent bien : les jeux « à licence » sont souvent d’infâmes produits marketing. mais à toute règle une exception : la saga Star Wars. L’univers de la Guerre des Etoiles se prête en effet bien aux adaptations vidéoludiques, et son créateur a fondé une branche « jeu vidéo » unique en son genre.



> George Lucas, un visionnaire

Un peu de cours de Star Wars si vous le voulez bien, pour commencer. Pardon ? Une suggestion Raoul ? Tu dis que rien que de voir mon titre tout acquis à la cause de George Lucas, ça te donne la nausée ? T’as gagné, tu sors ! Non mais. Toujours est-il que, même si pour les grincheux cela doit être difficile à admettre, George Lucas a bien senti son coup en conservant les droits pour les produits dérivés de son film « La Guerre des Etoiles ». Le succès du film aidant, les figurines, jouets ou autres têtes de Dark Vador… (Raoul claque la porte) Et t’auras 4 heures de colle, p’tit con ! (et tes parents auront de mes nouvelles aussi).

Oui, donc avec entre autres les têtes de Dark Vador, George Lucas a empoché pour lui seul beaucoup de royalties. Cet argent servira à bâtir son empire, à financer ses films (L’Empire Contre-Attaque sera entièrement financé grâce aux royalties), à se construire un superbe ranch aussi, et à lui permettre surtout d’avoir les moyens de veiller au grain. Pas question de faire n’importe quoi avec sa licence. Les jeux vidéo vont donc naturellement tomber dans son escarcelle, mais il aura fallu d’abord un peu de temps, le temps en fait de croire en un nouveau support.

Avec l’Atari 2600, les premiers jeux estampillés Star Wars voient le jour. En 1982 sort ainsi The Empire Strikes Back, un jeu de shoot 2D sans prétention où on prend les commandes d’un snowspeeder pour détruire des quadripodes impériaux. Mais le premier jeu Star Wars à faire date se nomme Star Wars ! Sorti en 1983, ce jeu de shoot en fil de fer vous proposait de revivre l’attaque de l’Etoile Noire, et aujourd’hui encore il ne manque pas de charmes malgré son grand âge. Sa suite, Empire Strikes Back (sans rapport avec le précédent), exploitera également ce mode fil de fer. Les jeux, réussis, seront portés sur différents supports.

Cependant, Lucas comprit que quitte à sortir des mauvais jeux, autant les faire soi-même. Les deux derniers jeux en fil de fer sont des réussites, certes, mais ne lui font pas oublier les trop nombreuses bouses commises sur Atari. De plus, il sent le secteur du jeu vidéo potentiellement très rentable. Aussi se lance-t-il dans l’aventure, en fondant Lucasfilm Games en 1984. Il devient ainsi le seul producteur de films à confier l’exploitation de sa licence à une propre branche de son empire. Et la suite lui donnera raison.


> Des débuts de Lucasfilm Games à Lucasarts

Lucasfilm Games développe d’abord des petits jeux sympathiques sur ordinateur, à commencer par l’Atari ST. La boîte pond des merveilles d’humour, comme Maniac Mansion ou Day of the Tentacles. Finalement, c’est avec Star Wars sur NES en 1989 que le développeur se risque sur le territoire des consoles, avec succès. Star Wars est le premier jeu exploitant la licence à retracer l’ensemble du film qu’il prend pour modèle, et non une seule séquence en particulier.

Lucasfilm Games est ensuite renommé Lucasarts en 1990, signe on pourrait dire d’une plus grande indépendance, et pourtant… Et pourtant, Lucasarts va rapidement faire de la production en chaîne de jeux Star Wars, que ce soit sur PC ou sur consoles.

Sur PC, les jeux de shoot commencent à fleurir dans la première moitié des années 90, avec les séries X-Wing et Tie Fighter ( des succès colossaux ). Et sur consoles, Lucasarts reprend sa trilogie depuis le début, avec les Super Star Wars sur Super Nintendo. Le résultat d’ensemble fut salué, et démontrait que jeux de qualité et adaptations de films en jeux vidéo n’étaient pas incompatibles. Il n’y avait donc aucune raison que Lucasarts s’arrête en si bon chemin, mais les jeux Star Wars n’étaient pas encore très nombreux jusque 1995. Nous étions loin de l’overdose.

Mais ce serait trop oublier les lois du marché. Les jeux Star Wars connaissent de jolis succès, signe qu’il y a une demande forte de la part des joueurs. Il faut donc répondre à cette demande.

Et de ce point de vue, Lucasarts n’a aucun mal à proposer des idées de jeux. L’univers Star Wars ne se limite plus depuis longtemps aux films, et de nombreux romans et bandes dessinés, comme la trilogie de Timothy Zahn ou encore Les Ombres de l’Empire, sont venus enrichir cet univers. Cela tombe bien, les jeux vidéo ont bien souvent besoin d’une histoire pour démarrer ! De plus, l’apparition de la 3D laisse entrevoir de nombreuses possibilités que Lucasarts va exploiter. Surfant sur la vague des Doom ou autres Duke Nukem, le développeur sort ainsi Dark Forces, bâti sur un scenario original. Le jeu va d’abord sortir sur PC, avant d’être édité sur Playstation.

Les possibilités sont énormes, mais les premiers jeux en 3D ne restent cependant pas très fameux. Le Star Wars sur 32X (adaptation du jeu d’arcade) est un échec, Rebel Assault (un jeu de tir ) n’est qu’un défouloir… Et puis, on ne ressent pas la magie que dégageait les jeux Star Wars sortis sur Super.

Le PC va cependant rester le support préféré de jeux Star Wars pendant longtemps ( et même encore aujourd‘hui d‘ailleurs), et on continue de voir fleurir un ensemble de jeux de shoot et d‘action. Dans le lot, un jeu a cependant marqué les joueurs sur PC : il s’agit de Jedi Knight, la suite de Dark Forces. Renouant avec l’esprit action de la trilogie Star Wars sur SNIN, Jedi Knight redonne un coup de fouet aux productions de Lucasarts. Cela tombe bien, George Lucas se décide à ressortir en 1997 les éditions spéciales de sa trilogie. Dans le sillage suit Shadows of the Empire, l’adaptation en jeu du roman du même nom, qui sortira sur N64 et PC, et qui se base sur le moteur graphique de Jedi Knight.

Si l’on excepte le cauchemardesque Masters of Teras Kasi, intrusion ratée de la saga dans la baston 3D, la production Star Wars est globalement d’honnête facture, ce qui est un exploit dans le domaine des adaptations de films en jeux vidéo.

1998 n’est alors pas seulement l’année où la France a gagné la Coupe du Monde (tant de temps, déjà ?), mais constitue une année charnière pour les jeux Star Wars. On le sait tous, la nouvelle trilogie pointe à l’horizon, et les jeux se préparent. C’est donc durant cette année creuse que l’on voit apparaître Rogue Squadron sur N64 et PC, qui va dynamiter le jeu de shoot 3D. Entièrement en 3D libre, Rogue Squadron propose, outre un scenario s’intercalant entre les films, une sensation saisissante d’immersion dans l’univers Star Wars.



> La nouvelle Trilogie, ou l’explosion de la production Star Wars

Rogue Squadron était confié à une équipe en marge de Lucasarts, Factor 5. Car Lucasarts devient une véritable organisation nébuleuse, confiant ses projets à plusieurs équipes de développement internes ou externes. Le meilleur exemple est la réalisation de Star Wars Arcade, confié à Sega.

Et la sortie en 1999 de La Menace Fantôme est accompagnée (précédée même), par un nombre incroyable de produits estampillés « Episode I ». Si cette avalanche pourrait témoigner d’une vitalité extraordinaire de la production Star Wars, elle met en fait en lumière les dérives mercantilistes à la sauce George Lucas. Car dans le lot, on trouvera du bon ( Star Wars Racer, Battle for Naboo, Starfighter…), du médiocre ( Jedi Power Battles ), du carrément mauvais ( le jeu officiel du film notamment, Bombad Racing…), mais pas de jeux « magiques » au bout du compte. Fini donc, le temps des productions Star Wars ayant un minimum de qualité, derrière la licence se cache d’immondes attrape-nigauds.

Les jeux ont cependant parfaitement bien accompagné le film, et ont très bien marché pour la plupart. Pourquoi faire des efforts quand on peut obtenir le même résultat en bâclant son travail ? Sur certains jeux de la gamme « Episode I », ce constat de bâclé est évident. La Menace Fantôme (le jeu) sur PS était terriblement répétitif, les mêmes décors se succédant sans fin. Quant à Racer sur N64 et PC ( les mauvaises langues diront que c’est ce jeu qui aura inspiré le film ), Lucasarts fut trop pressé de le sortir afin qu’il profite de la sortie du film, donnant une impression de bâclé au travail fini. Sa ressortie sur Dreamcast, peu retravaillée, suscita même la déception des segalopins qui auraient préféré, à juste titre, la version arcade, beaucoup plus dynamique et prenante, sortie en 2000 et développée par Sega.

Avec les nouvelles consoles et le PC, les jeux Star Wars vont pourtant pulluler, allant jusqu’à avancer dans des territoires inconnus, comme le jeu de stratégie en temps réel du style Warcraft, Galactic Battlegrounds. Les sorties de jeux Star Wars frôlent l’overdose… Et il reste 2 épisodes derrière !!!

Les nouvelles consoles ont d’ores et déjà des jeux Star Wars dans leurs line up respectives, et pourtant, on sent que les nouvelles possibilités offertes par ces consoles vont pouvoir enfin redorer le blason de la licence. Sur PS2, le ton est donné avec Starfighter, un jeu de shoot efficace. Suivront le fade Obi-Wan, sur XBOX, puis l’excellent Rogue Leader, LE jeu du lancement de la Game Cube. L’ambiance du film comme si on y était, comme si on le vivait même ! L’attaque de l’Etoile Noire n’a jamais été aussi impressionnante que dans ce jeu, et on retrouve même une magie perdue depuis un certain temps. Autre jeu remarqué : Jedi Outcast, la suite de Jedi Knight.

Paradoxalement, L’Attaque des Clones ne sera pas accompagné de jeux propres à son univers, tout du moins au départ. Car entre Racer Revenge (sorti sur PS2) et Rogue Leader, on retrouve soit l’univers de l’Episode I, soit celui de l’ancienne trilogie. En fait, il semble que Lucasarts ait quelque peu retenu la leçon de La Menace Fantôme, avec trop de jeux mauvais qui ont terni l’image de la licence. Retour à plus de modestie donc, et surtout, pas de « jeu officiel du film » (si l’on excepte une daube signée THQ sortie sur GBA uniquement). Cette stratégie fut adoptée d’une manière générale par George Lucas : en clair, il fallait parler du film et non de ce qu’il y a autour.

Les jeux exploitant la licence « Episode II » vont quand même arriver. On aura ainsi droit à l’inévitable mise à jour de Galactic Battlegrounds sur PC, mais aussi à quelques jeux originaux et sympathiques. Le premier est Clone Wars, un jeu de shoot défoulant qui développe une suite intéressante à l’Episode II. Quant au deuxième, Bounty Hunter, il met en scène le chasseur de primes Jango Fett. Enfin, la série Starfighter se poursuit avec Jedi Starfighter. Ce ne sont pas des grands jeux, certes, mais le capital sympathie est là, et les fans sont contents. D’autant plus que Factor 5 sort son 3ème volet de sa série Rogue Squadron, Rebel Strike, qui, bien que moins réussi que son prédécesseur, sort nettement du lot, et se permet de nombreux clins d’œil à l’Episode II.

La surprise viendra du côté de la X Box, où Lucasarts se risque sur un nouveau territoire inconnu à la saga: le RPG. En situant l’action plusieurs millénaires avant le commencement de la saga, ce Star Wars – Knights of the Old Republic ( KOTOR pour les intimes ) suscita déjà de la curiosité. Et quand en plus, le jeu est une réussite, il obtient un succès légitime (qui appela évidemment une suite).

Avec ses deux séries phares, Knights of the Old Republic et Rogue Squadron, Lucasarts réussit le tour de force de ne pas adresser ses jeux qu’aux seuls fans de Star Wars. C’est aussi le signe que Lucasarts ne cherche pas à faire recette directement sur les films, enfin, c’est ce que l’on croyait...

Car avec La Revanche des Sith, retour à du marketing pur et dur : les jeux officiels du film sont prêts à inonder le marché sur (presque) tous les formats ( à l’exception du Cube), avec évidemment un a priori négatif. Globalement, le pire a été évité : cela fait même depuis un certain temps qu’on ne voit plus de véritables daubes, comme au temps de l’Episode I, et on a même le droit à de savoureux délires, comme Lego Star Wars, qui vous fait revivre la nouvelle trilogie avec des personnages en Lego ! Cette originalité paye d’ailleurs, appelant évidemment une suite qui vous fera revivre l’ancienne trilogie cette fois.

A côté du jeu officiel, deux nouvelles licences voient le jour : Battlefront et Republic Commando. Les deux jeux sortent sur X Box(qui est devenue au fil du temps le support de référence des jeux Star Wars), et ont été des succès immédiats. Des suites ont naturellement vu le jour.


> Un univers inépuisable ?

La sortie de l'Episode III clôturait (magnifiquement à mon sens) la saga cinématographique en reliant prélogie et trilogie originale, mais il ne faisait guère de doutes que l'univers créé par George Lucas continuerait à vivre à travers multiples productions, à commencer par les jeux vidéo.

Pourtant, les deux années qui ont suivi La Revanche des Sith se sont révélé être étonnamment creuses en productions Star Wars de toute sorte, comme si l'empire Lucas semblait avoir eu besoin de reprendre son souffle. Aucun jeu marquant n’est ainsi sorti entre 2005 et 2007, à l’exception de Lego Star Wars II. Lucas lui-même semblait à cette époque ne pas vraiment savoir vers quelle direction s'orienter pour donner une nouvelle impulsion à sa galaxie lointaine : une série télévisée sensée se dérouler avant La Guerre des Etoiles (l'Episode IV quoi!) était en projet, mais c'est finalement la production d'une série animée en images de synthèse qui sera lancée : The Clone Wars, basée sur la fameuse guerre des clones débutée à la fin de l'Episode II. Les premiers épisodes seront même regroupés pour sortir en salles. Fort logiquement, des jeux vidéos, peu marquants dans l'ensemble, accompagneront la série : Duels au Sabre Laser sur Wii, L'Alliance Jedi sur DS, Les Héros de la République sur tous les supports, ainsi que Lego Star Wars III – The Clone Wars, reprenant la trame de l'animé. Ainsi fonctionne la galaxie Star Wars !

Il n'en a toutefois pas été de même pour Le Pouvoir de la Force. Depuis Knights of the Old Republic, les équipes de Lucasarts ne s'étaient pas attelés à une nouvelle production originale et ne s'étaient consacrés qu'à accompagner les sorties cinéma. Libérés des contraintes marketing, Lucasarts s'est en effet lancé dans son projet le plus ambitieux : Le Pouvoir de la Force se veut être une nouvelle sous-franchise au sein de Star Wars, et à l'image de ce qui avait été fait pour les Ombres de l'Empire, regroupe autour du jeu vidéo – projet central – tout un ensemble de productions : livres, bandes dessinées, jouets... Situant l’histoire entre l’Episode III et l’Episode IV, le jeu vous met dans la peau de l’Apprenti secret de Dark Vador, traquant les derniers jedis ayant survécu à l’extermination de leur ordre.

Sorti sur toutes les plateformes, Le Pouvoir de la Force, dont le scénario a été reconnu par George Lucas comme s’intégrant dans la trame officielle de la saga, a relancé l’engouement autour des productions de la licence. Malgré des critiques plutôt mitigées, les ventes exceptionnelles de ce titre sur tous les supports confirment le potentiel attractif de premier ordre de la licence, amplifié au cas particulier par un jeu totalement inédit sortant après une période d’accalmie. Le Pouvoir de la Force était par ailleurs précédé par les apparitions pour le moins controversées (et à mon avis dénuées de sens et de logique) de son héros l'Apprenti, ainsi que (et surtout) Dark Vador et Yoda dans SoulCalibur IV. La campagne marketing était d'ailleurs centrée sur ces deux derniers, Yoda étant vedette de la version 360, tandis que Vador représentait la version PS3.

Le succès du Pouvoir de la Force a incité Lucasarts à recentrer ses activités sur sa licence la plus porteuse. Concrètement, cela s'est d'abord matérialisé par Le Pouvoir de la Force II, une suite particulièrement opportune et peu inspirée. Cependant, le projet le plus important, tant en termes de moyens techniques que d'ambition, est Star Wars – The Old Republic, un MMORPG dont la réalisation a été confiée à développeur renommé, Bioware (qui a réalisé entre autres une trilogie SF désormais célèbre, Mass Effect). Longtemps attendu, TOR a connu un développement à rallonge, et si son succès ne se dément pas, il semble loin des attentes initiales de Lucasarts, obligé de passer le jeu en free-to-play comme l'a fait Blizzard avec World of Warcraft.

Toute la force de la franchise se trouve là : les codes de la série (planètes, concept de la Force, modes de vie, sabres laser, vaisseaux spatiaux...) sont fortement ancrés dans la culture populaire mondiale, et de fait, facilement accessibles à un large public. Kinect Star Wars, orienté vers les casuals gamers, en est la parfaite illustration.



> Dark Mickey aux commandes

A moins de vivre dans un autre univers, le rachat de l'empire Lucas par Disney (et donc de tous les satellites gravitant autour, comme Lucasarts) n'a pas pu vous échapper. L'information a secoué le web comme rarement, et provoqué un déferlement de toute une flopée de parodies – la plus classique étant le Dark Vador aux oreilles de Mickey ! Dans la foulée de cette acquisition à plusieurs milliards de dollar, Disney a annoncé une nouvelle trilogie, dont le premier épisode sort en 2015. Il est vrai que depuis la fin de la Prélogie, différents projets Star Wars n'ont pas abouti, notamment une série télévisée sensée se dérouler entre les épisodes III et IV ; George Lucas lui-même estimait d'ailleurs avoir fait le tour de l'histoire qu'il souhaitait raconter.

Tout le monde se pose bien sûr la question : quelle orientation va prendre la franchise avec Disney aux commandes ? Les premiers éléments de réponse ne se sont pas fait attendre, avec la fermeture de Lucasarts, suivie d'une vague de protestation de la communauté des fans et des passionnés de jeux vidéo, pour qui Lucasarts représentait bien plus qu'un simple exploiteur de licences, mais un éditeur / développeur reconnu. Il est vrai qu'en lui-même, le studio de développement au passé glorieux ne produisait en interne plus de jeux d'envergure, et les réalisations Star Wars les plus mémorables des années 2000 ont été confiées à des studios externes (en vrac, Bioware pour KOTOR ; Factor 5 pour les Rogue Squadron ; Raven pour Jedi Outcast ; Traveller's Tales pour les Lego Star Wars...). Plutôt que de soutenir un développeur en perte de vitesse, Disney a préféré en fermer les portes, et confiera à l'avenir la réalisation de productions Star Wars à Electronic Arts. Les derniers projets internes de Lucasarts, et tout particulièrement le prometteur Star Wars 1313, ont quant à eux été annulés purement et simplement du fait même de cette fermeture.

Si on exclut les déclinaisons du genre Angry Birds ou Yoda Chronicles sortis en 2013, 2014 marque la première année vierge de toutes productions Star Wars.

Avec la prise de contrôle de l'univers Star Wars, Disney a tout simplement fait table rase de l'Univers étendu (cet ensemble regroupant toute la chronologie développée à travers des romans, des comics ou des jeux vidéo en-dehors des films), pour ne conserver qu'un socle évidemment basé sur les deux Trilogies, ainsi que la série animée Clone Wars. Ainsi, l'empire de Mickey compte s'approprier sa licence chèrement acquise pour bâtir son propre univers et en définir les nouveaux codes.



> Le Réveil de la Force

L'Episode VII porte bien son titre, car de réveil, il en est clairement question à l'évocation de la saga Star Wars depuis le rachat par Disney. Le seul projet d'envergure resté en développement chez Electronic Arts, Battlefront, arrive à point nommé pour accompagner l'Episode VII. Le jeu basé sur une sous-licence déjà établie, compte proposer de nombreuses cartes multijoueurs pour faire revivre les séquences les plus marquantes de la Trilogie (les batailles de Hoth et d'Endor, notamment). Bien accueilli, Battlefront marque donc en 2015 le retour sur le devant de la scène de la saga en jeux vidéo.

Toujours dans cette optique de préparer l'Episode VII, Disney a lancé courant 2014 sa nouvelle série animée, Star Wars Rebels. Se déroulant chronologiquement entre les deux trilogies, la série prend le relais de Clone Wars, et son succès a d'ores et déjà conduit à la signature de plusieurs saisons. Avec un public jeune pour cible principale, c'est vers les supports de prédilection des enfants et des adolescents que s'oriente Disney pour proposer une « appli » Star Wars Rebels sur tablettes et smartphones.

Pour ce qu'il s'agit des jeux vidéo à proprement parlé, Disney ne compte pas développer de jeux directement adaptés des films, mais proposer des produits dérivés. Sans surprises, c'est ainsi que l'univers Star Wars va intégrer le monde de Disney Infinity 3.0 et ses figurines NFC particulièrement prisées des enfants petits et grands.

Le plan diabolique et efficace de Disney ira jusqu'à proposer des sorties cinématographiques annuelles pour la saga Star Wars jusqu'en 2019 et la sortie de l'Episode IX, avec entre chaque volet majeur, des films dérivés (Rogue One pour le premier, et un second centré sur Boba Fett – ce qui explique sans doute l'annulation de Star Wars 1313).



> L'avenir de la saga

Avec le rachat de l'empire Lucas par Disney et la fermeture de Lucasarts, une page s'est clairement tournée. Passée une période trouble durant laquelle les projets Star Wars menés par Lucasarts ont été annulés, la reprise en main par Disney a finalement pris son temps pour amener en douceur ses propres projets Star Wars, et créer l'engouement autour de sa nouvelle trilogie de films.

Si le plan fonctionne – enfin, qui en douterait ? - la saga Star Wars va sans doute connaître dans les prochaines années un véritable boom de la production vidéoludique, comparable à ce qui a été fait durant la sortie de l'Episode I. Les joueurs et fans de la série en seront-ils pour autant gagnants ?

Beaucoup de questions encore en suspens, mais des réponses dans un avenir proche... très proche !

A lire également : tous les avis sur les jeux Star Wars.
Dernière mise à jour le 23/08/2015
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