JEUX VIDEO ET BD... FRANCO-BELGE ! Article rédigé par Blondex

A l'heure des adaptations innombrables de bandes dessinées en jeux vidéo, difficile d'y voir clair en réalité, car bien souvent, une grande partie de cette production résulte d'un dessin animé ou - et c'est de plus en plus le cas - du film tiré de la bande dessinée. L'ensemble de cette production, adaptations indirectes confondues, n'en demeure pas moins considérable ; aussi, voyez-vous, je sens monter en moi un fort sentiment de fierté bien française, et j'ai envie de vous parler de BD françaises ! Bon allez, trêve de franchouillardises déplacées, car après tout, il n'est seulement question que de Français ici, il y a aussi les Suisses, et puis les Belges une fois ! Mais si je vous parle de bande-dessinée franco-belge bien de chez nous, ce n'est pas seulement parce que je suis fan de Tintin, c'est aussi parce que le sujet est loin d'être ignoré par le jeu vidéo !


> Les premiers jeux

Les bandes dessinées à succès ont très vite fait l'objet d'adaptations, à commencer par Astérix, mais aussi les Schtroumpfs, popularisés bien au-delà de l'Europe par une adaptation en dessins animés signés des studios Hanna Barbera (Les Pierrafeu, Scoubidou...).

C'est d'ailleurs grâce au succès de la série animée, débutée en 1981, que les Schtroumpfs parviendront à percer dans le marché nord-américain, et intéresser ainsi le secteur du jeu vidéo. En 1982, les petits lutins bleus de Peyo seront ainsi les premiers héros de BD franco-belges à être transposés dans l'univers vidéoludique.

Les Schtroumpfs (ici dans la version Colecovision de 1983) doivent à leur popularité outre-atlantique la première adaptation d'une BD en jeu vidéo.

Durant cette période, la licence connaîtra le plus grand nombre d'adaptations. La première d'entre elle, et la plus notable, est Smurf - Rescue in Gargamel's Castle (Schtroumpf - Au Château de Gargamel), sorti initialement sur Atari 2600 puis sur Colecovision. Le but, très simple, est de contrôler un schtroumpf, parti de son village secourir la schtroumpfette, retenue prisonnière par le méchant Gargamel. Suivront également des jeux éducatifs, comme The Smurfs Save the Day (basé sur la musique), ou Smurf Paint'n Play Workshop.

Je vous parlais aussi d'Astérix, car lui aussi fera l'objet d'une adaptation sur Atari 2600 en 1983. Ce jeu ne sortira qu'en Europe, comme la plupart des jeux adaptés de BD franco-belge, mais sera néanmoins adapté pour le marché nord-américain, en proposant le bien connu Taz, des Looney Tunes. Le jeu connaîtra d'ailleurs une suite sur le même support, Obélix... où l'on contrôle toujours Astérix !

Astérix sur Atari 2600. Oui bon, je sais, on ne sait pas trop ce qu'on voit, là. Obélix, la suite sur Atari 2600, déjà graphiquement plus travaillée puisqu'on reconnaît bien Astérix, Obélix et les Romains !

Outre ce jeu, de nombreuses autres productions estampillées Astérix sortiront sur des ordinateurs de jeux européens, comme l'Amstrad, le Commodore 64 ou le ZX Spectrum.

En revanche, pas de traces à cette époque d'autres bandes dessinées très populaires, à commencer par Tintin, Lucky Luke ou Spirou. Le public limité à l'Europe, excluant les marchés nord-américain (à l'exception des Schtroumpfs, bien sûr) et japonais, est évidemment un frein à une expansion considérable de la production vidéoludique adaptée de la bande dessinée européenne.


> Affirmer une identité européenne du jeu vidéo

Astérix en arcade, développé par Konami, atteint les qualités ludiques d'un Turtles in Time, en conservant une fidélité absolue à la BD. A quoi reconnaît-on facilement un jeu vidéo américain ou japonais ? Bien souvent, ils sont des adaptations de licences locales : les comics sont adaptés par des développeurs américains, et les mangas par des japonais. Evidemment, à chaque règle son exception, et concernant la BD franco-belge, l'adaptation arcade d'Astérix en 1992 est signée du japonais Konami, dans un beat'em all étonnamment fidèle à l'esprit de la BD. A ce jour, elle reste à mon sens la meilleure adaptation d'Astérix... et on la doit à des Japonais !

Hormis l'Astérix de Konami, seuls des européens auront l'idée de développer des adaptations de BD en jeux vidéo. A la fin des années 80, les éditeurs européens sont encore discrets dans le monde vidéoludique, et plus spécialement le secteur des consoles. Ubisoft n'est encore qu'un distributeur, et Infogrames un nain à l'échelle du monde du jeu vidéo.

North & South (Les Tuniques Bleues) dans sa version NES. Un jeu de stratégie techniquement à la traîne, entrecoupé de phases d'action.

Les premiers jeux vidéo d'Infogrames, avant de débuter leurs séries vedettes Alone in the Dark et V-Rally, sont pourtant à chercher du côté de la BD : ainsi sortent-ils sur différents ordinateurs (Atari ST, Commodore 64...) les adaptations de Blueberry en 1988 et des Tuniques Bleues (North & South, en 1989). Les différents ordinateurs de jeux que sont les Amstrad CPC, Commodore 64 ou Atari ST étant durant les années 80 l'apanage des éditeurs européens, il est ainsi normal d'y voir fleurir de nombreuses adaptations de BD.

Sega avait bien compris le potentiel du marché européen, en misant beaucoup sur Astérix pour sa Master System. L'abandon progressif de tous ces ordinateurs devenus obsolètes exigeait l'impératif de migrer vers les consoles. Une adaptation du jeu North & South sortira ainsi sur NES en 1990, mais c'est l'anglais Core Design qui sera le premier à avoir présenté une adaptation de bande dessinée plus mémorable, avec (toujours) Astérix sur Master System en 1991. Edité par Sega, le jeu sera un temps un argument de vente de la Master System en France, signe d'une réelle demande du marché local pour ces adaptations. Pour le vaillant gaulois, ce sera le début d'une longue série, qui fera de la BD Astérix la licence la plus adaptée en jeu vidéo... et de loin !

En effet, en 1993 Infogrames obtient la licence Astérix pour les jeux sur consoles Nintendo, tandis que Sega la conserve pour ses consoles. Dès lors, chaque camp reçoit des jeux Astérix différents. D'un côté, Infogrames développe ses versions d'Astérix sur NES, SNES et Game Boy ; de l'autre, Sega, via Core Design, sort Asterix and The Secret Mission sur Master System, puis Asterix and The Great Rescue sur Megadrive, Master System et Game Gear... et tout ça en 1993 ! La production continue d'ailleurs de plus belle en 1995, avec Astérix & Obélix sur SNES et Game Boy, et Asterix and The Power of Gods sur Megadrive. Ouf !

Les Schtroumpfs autour du Monde, version SNES. Graphiquement très joli, mais rien de bien original sur le fond... et même plutôt dur pour le public ciblé. Les autres grandes bandes dessinées ne seront pas non plus ignorées, même si on retrouve souvent, pour ne pas dire tout le temps Infogrames. Pas étonnant non plus, l'univers de la BD reste le meilleur moyen de se faire connaître, et outre Astérix, Infogrames s'attaquera notamment aux Schtroumpfs, avec deux jeux : le jeu éponyme sorti en 1994 (notamment sur SNES et Megadrive), puis Les Schtroumpfs autour du Monde, sorti en 1996.

Je sais, depuis le début de cet article, je ne vous parle quasiment que de Schtroumpfs et d'Astérix.

L'une des adaptations de BD les plus remarquées sera en fait Tintin au Tibet (sorti en 1994 sur SNES puis sur Megadrive et Game Boy), adapté directement de l'album du même nom, et non du dessin animé diffusé à cette époque. Infogrames avait déjà développé un jeu Tintin sans grand succès, Tintin sur la Lune, un jeu d'action très simple sorti en 1989 sur Amstrad, Amiga ou Atari ST. En s'attaquant de nouveau au mythe Tintin, Infogrames devra se montrer bien plus ambitieux qu'il ne l'a été pour ses versions d'Astérix et des Schtroumpfs, destinés avant tout à un jeune public.

Infogrames a su donner vie à la bande dessinée Tintin au Tibet en l'adaptant en jeu vidéo. Graphiquement splendide, mais difficilement jouable.

Salué par la presse vidéoludique de l'époque, et tout spécialement pour les qualités techniques du jeu (Tintin pouvant évoluer sur deux plans), Infogrames avait sans doute franchi un pallier : le développeur est bel et bien capable de réaliser des jeux de plus grande envergure. Le résultat ne laissa assurément pas de marbre, avec un jeu de plateformes aux graphismes remarquables, et à l'esprit dans l'ensemble fidèle à la BD. Le succès d'estime de Tintin au Tibet amena la sortie d'une « suite » sortie en 1997 sur SNES puis Game Boy, Le Temple du Soleil, adaptation du double album Les Sept Boules de Cristal et Le Temple du Soleil.

Techniquement, Tintin au Tibet est alors la production vidéoludique adaptée de BD la plus impressionnante du moment, même si l'intérêt du jeu est parfois franchement étrange (éviter des femmes de ménage passant l'aspirateur dans un hôtel suisse n'a jamais été aussi dangereux !).

Exemple de level design mal pensé : Spirou grimpe sur les toits, risque sa vie en s'accrochant à un câble électrique... parce qu'il ne pouvait pas contourner un taxi garé au bas de la rue ! La même remarque peut d'ailleurs être formulée pour l'adaptation de Spirou en 1995, sorti sur SNES, Megadrive et Game Boy. Toujours développée par Infogrames afin d'accompagner une série animée, on y retrouve les mêmes défauts que pour Tintin, à savoir des pièges ridicules et extrêmement frustrants. La sauce ne prendra en revanche pas du tout cette fois. La pourtant célèbre série créée par Rob-Vel et popularisée entre autres par Franquin (plus de 50 albums tous auteurs confondus) n'aura pas connu de nombreuses adaptations vidéoludiques. En effet, Spirou ne sera pas repris par la suite par Infogrames, et ne sera suivi que d'un seul jeu, La Panique Mécanique, sorti en 2000 sur Game Boy et édité par Ubi Soft.

Pour finir, il ne manquait finalement plus qu'un héros de bande dessinée : il s'agit de Lucky Luke. L'homme qui tire plus vite que son ombre aura lui-aussi son jeu en 1998 sur SNES.

Apanages des éditeurs européens, les licences de bandes dessinées n'auront globalement pas produit des jeux d'une extraordinaire variété : de la plateformes, un peu d'action... Du très classique, et peu de prises de risques.


> Une production en quête d'envergure

L'arrivée de PC plus puissants et des consoles 32-bits (tout spécialement la PlayStation) change la donne, car les demandes des jeunes joueurs tendent vers des jeux en 3D. Différentes équipes européennes, à commencer par Infogrames et Ubi Soft, vont saisir l'opportunité de capter le jeune public, avec comme toujours quelques années de retard.

Turbo Schtroumpf sur PS, déconseillé aux plus de 6 ans. Et le point rouge à l'écran, c'est bien le Grand Schtroumpf ! Dès lors, difficile, d'ores et déjà, de parler d'ambition quand les premières adaptations de BD sortent sur PlayStation seulement à compter de 2000. Et il n'y eut pas de mystère, le passage à la 3D fut difficile pour nos adaptations de BD. La liste des licences massacrées devient alors longue : La Fièvre de l'Ouest, Tintin - Objectif Aventure, Turbo Schtroumpf... sont autant de ratages passés par la suite dans l'anonymat le plus complet. Et encore, je vous épargne une longue liste de jeux d'Astérix (sur à peu près tous les supports possibles et imaginables), dont l'adaptation sur PS du film pas vraiment mémorable Astérix et Obélix contre César.

Quant au méchant vizir Iznogoud, ce n'est pas le jeu éponyme très oubliable (et dans une 2D loin d'être magnifique) qui lui aura permis d'être calife à la place du calife !

Finalement, les éditeurs ne miseront plus vraiment sur les licences de BD, et délèguent à de petites équipes le développement de jeux anodins pour enfants sur Game Boy Advance ou PC. Le début des années 2000 est cependant marqué par une tentative des développeurs de séduire un public plus âgé, après avoir longtemps ciblé un public jeune

Le soucis de respecter l'oeuvre poussé à l'extrême. Et dans le plus pur style Cryo, Thorgal est graphiquement soigné... Encore faut-il apprécier le style ludique des jeux Cryo ! Le premier de ces signes est l'adaptation en 2002 de la BD Thorgal de Rosinski et Van Hamme. Un choix judicieux : les univers d'heroic fantasy ayant le vent en poupe, Thorgal est à ce sujet l'un des meilleurs représentants de la BD franco-belge. Sur la forme, tout a vraiment été fait pour séduire les lecteurs de la bande dessinée, en témoigne l'implication du dessinateur Rosinski dans les travaux préparatoires, ainsi que la fidélité au style graphique et à l'esprit de la bande dessinée.

Thorgal - La Malédiction d'Odin, développé par le studio français Cryo, ne parviendra cependant pas à attirer un autre public que les amateurs de la BD, et sera d'ailleurs pour l'anecdote l'une des dernières productions de Cryo, le studio étant tombé en faillite en 2002.

XIII n'était pas loin du grand écart, en faisant le pari de proposer un jeu calibré pour le marché nord-américain, sans trahir l'oeuvre originale. S'agissant de XIII, adaptation de la BD de Vance et Van Hamme, l'ambition est cette fois de mise. La BD XIII étant inspirée du roman La Mémoire dans la Peau, elle a des arguments pour séduire un public plus large que le marché européen... et tout spécialement le marché nord-américain ! Les Américains n'étant pas spécialement friands de « comics » plus réalistes (que voulez-vous, il leur faut toujours des super héros avec des super pouvoirs), XIII, comme la très grande majorité des bandes dessinées franco-belges, n'a jamais percé. Une adaptation en jeu vidéo est en revanche dans le domaine du possible, et la bande dessinée fournit en cela tous les ingrédients : un héros charismatique, de l'action, des fusillades, une histoire de complot autour du Président des Etats-Unis... Franchement, tout y est ! Ubi Soft soignera son adaptation afin de satisfaire à la fois les joueurs, mais également les aficionados de la BD. Il en résulte un FPS efficace, tout en cel-shading, incluant de nombreuses onomatopées et au parti pris original, intégrant ça et là des cases de BD apparaissant sur l'écran de jeu, centrées sur certaines actions (généralement la mort d'un ennemi).

Pourtant, malgré ses qualités, le jeu ne trouva pas son public. Inconnu en Amérique du nord, XIII partait pour ainsi dire de zéro, et le jeu ne put se détacher d'une concurrence féroce. En Europe en revanche, l'échec de XIII est plus surprenant, car la notoriété de la BD aurait du aider le jeu à mieux se vendre.

Alors quelle conclusion en tirer ? Et si le lecteur de bandes dessinées n'est-il tout simplement pas intéressé par le jeu vidéo ? La demande en adaptations de BD franco-belges adultes existe-t-elle réellement ?

Ces questions, Ubi Soft et d'autres ont certainement du se les poser au moment de réfléchir à une suite de XIII ou à une adaptation d'une autre bande dessinée adulte. Sans possibilité de réellement percer dans le marché nord-américain, les chances étaient déjà minces, alors sans le soutien du marché européen, l'affaire fut vite entendue. L'échec de XIII est donc intéressant à plus d'un titre. On peut imaginer qu'en cas de succès, au moins sur le marché européen, le jeu aurait amorcé un mouvement d'adaptation de BD de plus grande envergure ; au lieu de cela, XIII n'est finalement qu'une anecdote.

Astérix & Obélix XXL a lui-aussi tenté sa chance en Amérique, en étant renommé pour l'occasion Kick Buttix.

Infogrames s'est lui aussi essayé au marché nord-américain, avec une licence connue, Astérix ; un genre de jeu simple et efficace, le beat'em all ; et la vente du jeu sous le label « Atari ». Ce jeu, c'est Astérix & Obélix XXL, sorti en 2003. En France et en Europe, le succès paraissait assuré d'avance compte tenu de l'énorme popularité de la BD ; aux Etats-Unis, la sortie d'un jeu Astérix est en revanche une nouveauté. La BD étant cependant toujours inconnue du public nord-américain, le jeu ne parviendra logiquement pas à se vendre.

En faisant le choix de parodier le monde du jeu vidéo avec Mission Las Vegum, Atari a pu s'autoriser quelques délires et signer une adaptation plus libre de la BD.

La différence avec XIII, c'est que le jeu connaîtra une suite plutôt remarquée, Astérix & Obélix XXL 2 - Mission Las Vegum, sortie cette fois en 2005 uniquement sur le marché européen. Pourquoi remarqué ? Parce que le jeu sera truffé de références aux jeux vidéo : Mario, Sonic, Splinter Cell, Pac-Man..., et aussi parce que la production avait un minimum d'envergure. Un effort d'adaptation de la BD saluée, bien que le jeu ne soit pas non plus dépourvu de défauts.


> Se limiter au marché européen : une fatalité ?

Titeuf - Mission Nadia sur DS lorgne clairement du côté d'un Wario Ware Touched, en multipliant les mini-jeux crétins propres à restituer fidèlement un esprit 'cour de récré'. A l'heure actuelle, ne cherchez pas de grands jeux parmi les adaptations de BD bien de chez nous, ils n'existent pas. Les jeux actuels visent clairement les enfants, et sortent sur leurs supports préférés : Game Boy Advance, PS2, PC, puis DS et Wii. On dénombre ainsi plusieurs jeux Titeuf, la grosse licence à la mode dans les cours de récré, mais aussi Boule & Bill, Kid Paddle, et bien évidemment Astérix - quoique le plus célèbre des gaulois n'a plus eu droit à de grosses productions depuis Mission Las Vegum. Même l'adaptation sur DS du film Astérix aux Jeux Olympiques s'est révélée aussi médiocre qu'anecdotique.

Mini-jeux également au programme de Lucky Luke - Tous à l'Ouest. Il faut de toute façon un événement, comme un long métrage ou la sortie de bandes dessinées, pour qu'il soit éventuellement accompagné d'un jeu vidéo. Ce fut notamment le cas de Lucky Luke, avec Tous à l'Ouest, sorti en 2007 sur Wii, DS et PC, mais également de jeux Titeuf.

Une nouvelle fois, le point'n click a été préféré à toute autre forme de jeu pour Nikopol - La Foire aux Immortels. Tout juste peut-on noter, au rayon adulte, les sorties de Trolls de Troy - La Cité de la Mort Rose en 2007, et de Nikopol - La Foire aux Immortels en 2008, adaptation de la bande dessinée d'Enki Bilal. Deux Point and Click sortis sur PC, n'ayant pas d'autres ambitions que de satisfaire les amateurs de chacun de ces deux univers.

Paradise est le premier projet à avoir donné naissance en même temps à une BD et un jeu vidéo. On peut tout de même mentionner le projet Paradise de Benoît Sokal, célèbre auteur de bande dessinée, annoncé en 2005. Ce dernier consistait à produire une série de bande dessinée en 4 tomes au même moment qu'un jeu vidéo. Les deux médias racontaient la même histoire à leur façon, mais l'appréciation du Point and Click fut mitigée par la presse et les joueurs. Néanmoins, en raison de ses précédents succès vidéoludiques (L'Amerzone, Syberia), Benoit Sokal se lance dans un nouveau défi intitulé Aquarica qui donnera naissance à un jeu vidéo et un film d'animation.

En consultant les plannings actuels, difficile de voir où, quand et comment sortiront de véritables perles issues d'une adaptation de BD en jeu vidéo, même si l'optimisme ne serait de toute façon pas de mise.


> La forme plus que le fond

Si l'on peut sortir une constatation positive de l'ensemble des adaptations vidéoludiques de bandes dessinées franco-belges, c'est le respect des œuvres originales. Vous noterez d'ailleurs que la plupart des adaptations sont de beaux jeux, agréables à l'œil, et aussi soignés qu'ils sont fidèles au style graphique de l'auteur. Cependant, à trop s'efforcer de respecter la bande dessinée, voire en y consacrant tous les moyens, l'aspect ludique passe souvent au second plan, y compris pour les jeux les plus ambitieux. Il en résulte au mieux un jeu correct, mais manquant d'originalité pour être vraiment marquant ; au pire, un produit dérivé créé à des seules fins de marketing.

Et puis, j'aurais presque pu me lancer dans un dossier uniquement consacré à Astérix, tant le gaulois écrase le reste des autres licences par un nombre incalculable d'adaptations... et encore, je n'ai cité ici que celles présentant un minimum d'intérêt ! Alors, pour être un projet un tant soit peu ambitieux, une adaptation vidéoludique d'une bande dessinée est-elle condamnée à s'appeler Astérix ?

Remerciements à Dacobah pour sa contribution sur Paradise.

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