Skyhammer, le Blade Runner de la Jaguar

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Wizzy
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Je poursuis mon petit tour des tests de mon blog Jagfan pour mettre en lumière ici Skyhammer de Rebellion (Alien Vs. Predator)... Le jeu n'est pas dans la base de données GF car il n'a pas de licence officielle Atari. Il fait partie de ces jeux abandonnés, qui ont été repris (légalement) et finalisé par le développeur/éditeur Songbird pour être commercialisé en l'an 2000. C'est à mes yeux un des titres les plus ambitieux de la Jaguar avec une ville ouverte (le jeu en compte 3) et des mécaniques de gameplay dans l'esprit de ce que l'on trouvera dans les open world modernes.



Mon test d'antan (avec quelques) retouche :

Dans cette bonne vieille cité de Jéricho, des bandes armées (légèrement toxicos et anarchistes) se disputent des pans de buildings titanesques, bardés de publicités luminescentes. C'est à bord de notre Skyhammer, un engin volant surarmé, qu'on va mettre tout le monde d'accord et faire notre trou dans le quartier à coup de bombes et de mitrailles.

Développé entre 1992 et 1995 par Rebellion, responsables d'Alien Vs Predator sur cette même Jaguar, Skyhammer vit sa sortie initiale annulée (Atari abandonnant la Jaguar) alors qu'il avait tout pour être commercialisé.
Difficile de croire qu'un tel jeu aurait pu rester lettre morte, tout au fond d'un tiroir, sans jamais être joué par quiconque. Heureusement, Songbird Production en décida autrement et racheta la licence du jeu à Rebellion pour le commercialiser en l'an 2000.

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Premier contact, premiers constats... Avec son ambiance à la Blade Runner, Skyhammer nous immerge littéralement au coeur d'une ville futuriste où l'horizon n'a pas le droit de citer. Les buildings, immenses, donnent le vertige ! Heureusement, notre vaisseau a la capacité de se mouvoir à 360° dans n'importe quel axe (un peu comme dans Descent ou G-Police), et d'arpenter à la verticale les constructions de verre et de lumière.

Une chose est certaine : la Jaguar est poussée dans ses derniers retranchements. Jamais jeu Jaguar n'avait proposé un environnement 3D aussi grand et aussi complexe, intégralement en textures mappées. Les bâtiments en imposent par leur taille et l'immersion est facile quand bien même cela a vieilli. Forcément, ça pixellise beaucoup et les textures se répètent. L'animation, fluide pour le support, souffre dans le feu de l'action.

Lorsqu'ils arrivent, ces ralentissements ne mettent jamais à mal une maniabilité étonnamment intuitive. On peut tourner dans tous les sens sans jamais se perdre dans l'espace, et se rétablir en mode stationnaire pour abattre un bataillon d'ennemis face à nous.

Seul bémol avec la manette classique : pour straffer, on utilisera les boutons 4 et 6 du pavé numérique et il faudra un peu de temps pour s'y habituer. J'imagine qu'avec le pad pro contrôler et ses gâchettes, c'est tout de suite plus simple. M'enfin, la difficulté du jeu ne sera pas de manier le vaisseau mais plutôt de se repérer et de ne pas se perdre dans ces corridors urbains.

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La ville a en effet un coté labyrinthique, avec culs de sac et tours de verre indépassables. Heureusement, on a droit à une carte, consultable à tout moment. Grâce aux étroits et tortueux couloirs, on pourra s'infiltrer incognito dans les quartiers et prendre à revers l'ennemi. Ou alors, on préfèrera peut-être atteindre les toits des immeubles (les plus petits) pour traverser plus rapidement la zone et atteindre directement notre objectif.

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Chez CyberMart, les prix sont smart !

L'idée géniale de Skyhammer, ce sont ces CyberMart, de précieux havres de paix disséminés sur toute la carte. Il s'agit de garages où l'on aura le loisir d'acheter tout ce que l'on désire : fuel, shield, armements, customs, munitions en tout genre... On pourra sauvegarder et faire le point sur nos gains ou sur la prochaine mission. Ce sont aussi et ça c'est la grande classe, des points de téléportation très pratiques contre monnaie trébuchante.

Se réfugier dans un CyberMart nous permettra donc de souffler entre deux missions et vu l'âpreté des combats, ce n'est pas de refus. Notre tableau de bord présente deux barres, l'une concernant le bouclier (elle se recharge, ce qui est bien sympa), l'autre étant notre barre de vie. Trois ou quatre tirs de rocket reçus et bye-bye notre bouclier, c'est alors notre barre de santé qui se fait alors bouffer à vitesse grand V...

Concernant les missions, le jeu m'a fait penser, avec quelques années d'avance, aux jeux actuels comme les Assassin's Creed, les Batman ou même le récent Spiderman : une ville comme un petit monde ouvert et des zones à atteindre pour remplir les objectifs. Les missions aléatoires iront de la destruction de cibles(s) à la défense de tout un quartier, en passant par la récupération d'équipement. A la clé, de l'argent qui nous permettront de faire des emplettes au CyberMart.

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Après une bonne dizaine de victoires sans heurt, Skyhammer se transforme en un passionant jeu de conquête (et de défense) de territoire pour contrôler la ville. Les missions se diviseront alors en plusieurs étapes sur plusieures zones. Le but, le plus souvent, étant de détruire définitivement le noeud de communication ennemi ("node" en anglais) pour conquérir le quartier.

Surtout ne faites pas comme moi, ne confondez pas la Smart bombe avec les Smart missiles, ce qui m'a valu une bonne heure d'acharnement à utiliser des smart missiles contre un "node" increvable. Pour atomiser le "node", rien ne vaut la Smart bombe qui a la particularité de s'activer en appuyant sur A, B et C en même temps.

Au final, Skyhammer est-il un jeu parfait ? Je dirai presque... Il y a quelques bugs d'affichage, rien de bien méchant en soi. Et conquérir ne serait-ce que la première ville (sur les 3) est un challenge de très longue haleine. Gare au découragement ou à la lassitude. Heureusement, pour ceux qui manqueraient de patience, le mode "Battle" permet de se défouler sans se prendre la tête, en défendant sa zone jusqu'à la mort.
Modifié en dernier par Wizzy le lun. 29 janv. 2024 22:20, modifié 1 fois.
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Blondex
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Message par Blondex »

Je note également que la fenêtre d'action est petite !

Intéressant de voir un développeur s'obstiner à sortir son jeu sur la console qu'il a choisie au delà de sa période de commercialisation, plutôt que de le porter sur une autre console - en 1995 (et même en 2000), c'était largement possible. Une forme de "militantisme", ou de fanboyisme aussi.
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Wizzy
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Message par Wizzy »

Oui du fanboyisme total (ou de l'aveuglement, c'est selon). Le fondateur de Songbird, Carl Forhan, est un fan exclusif d'Atari, il sort aussi pas mal de jeux Lynx.

Sur Jaguar il a racheté des codes source de jeux et les droits à Rebellion ou à Bethesda pour Protector S.E (un defender créé pour la Jaguar par les papas de Morrowind et Skyrim !) et a finalisé lui-même les jeux pour les commercialiser.
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PXL
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Message par PXL »

ça ressemble vachement à Metal Head sur 32X :shock:
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Wizzy
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Message par Wizzy »

Oui, la vue cockpit avec les buildings qui nous entourent, l'ambiance urbaine est comparable à celle de Metal Head mais je pense que c'est plus une coïncidence, ou un point commun. Les genres de jeu s'opposent : FPS arcade aux commandes d'un mécha rivé au sol pour l'un, shoot-3D avec du vol totalement libre et de l'exploration dans un mini-open world pour l'autre.
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