Avant propos
Si vous commencez à être un peu vieux comme moi, vous avez sans doute connu (souvent à regret) l'éditeur ATARI.
Du temps de la 16 bits, l'éditeur français achetait des licences prestigieuses à tout va (Tintin, Lucky Luke, Astérix, Spirou...) pour des résultats souvent médiocres.
Plus discret, mais avec la même philosophie, le concurrent Microids a su, quant à lui et avec plusieurs décennies d'activités, alterner entre de rares mais franches réussites (Syberia I et II, Still Life ou encore plus récemment le remake de Little Big Adventure...) mais aussi, et surtout, de véritables naufrages (Blacksad, Goldorak, Cobra, Flashback 2, Syberia 3...). Je ne porte donc que très moyennement cet éditeur dans mon coeur et son habitude de fermer des studios dès la sortie d'un jeu n'y a pas aidé non plus.
En 2024, on pouvait donc se méfier du retour des Fourmis, nouvelle adaptation du célèbre 1er roman à succès de Bernard Werber et qui avait déjà bénéficié d'une adaptation (réussie) sur PC en 2000.
C'était cependant sans compter sur le talent de Tower studio, studio français situé à la Rochelle, qui livre ici non seulement un jeu d'une qualité complètement inattendue pour un jeu estampillé Microids, mais aussi et surtout, l'un des jeux de l'année 2024. Rien que ça.
A l'heure où j'écris ces lignes et malgré un succès aussi bien critique que commercial, Tower Studios n'est plus. La faute à Microids, qui, comme à son habitude, leur a coupé les vivres (après avoir également lâché le studio de Little Big Adventure, qui était pourtant leur 2ème plus gros succès de l'année 2024...).
J'arrive donc après la bataille et je m'en veux.
Néanmoins, je souhaite rendre hommage (avec regret) à feu Tower studio, dont je découvre ici le travail absolument exceptionnel. Un travail qui mérite, selon moi, toute la considération des joueurs, et ce même pour celles et ceux qui ne seraient pas des aficionados des jeux de stratégie.
Récit.
L'histoire
Ta-Yu-Kan, L'une des cités de la Fédération
Pour ceux qui ne connaitraient peut-être pas, "Les Fourmis" est un roman de Bernard Werber, dans lequel nous suivons 2 groupes de personnages, dans des récits et des échelles complètement différentes et séparées.
D'un côté, nous suivons les aventures d'un groupe humain avec de mystérieuses disparitions et un secret tournant autour du monde des Fourmis. Cette partie du roman n''étant pas abordée dans le jeu, il est donc inutile que j'en parle davantage.
De l'autre côté, et ce sera le centre de cette adaptation et de ce test, nous suivons les aventures de la 103 683ème : une fourmi guerrière rousse, faisant partie de la cité fourmi de Bel-o-Kan. Cette cité fait elle même partie d'une fédération entre plusieurs cités états.
La 103 683ème est une héroïne : elle est reconnue par toutes ses sœurs pour son intelligence, son courage et ses talents de meneuse, ce qui en fait l'agent de 1er plan de la Reine Chli-Pou-Ni.
Pour accomplir ses différentes missions, elle sera accompagnée de ses très nombreuses sœurs, dont la 327ème, une fourmi mâle qui fait un temps office de personnage principal au début du roman.
327ème et 103 683 sont les deux héroïnes du roman les fourmis.
Ensemble, elle devront lutter pour la protection de Bel-o-Kan, combattre les cohortes des Termites (leur grand ennemi) mais aussi faire face à de nouvelles menaces, comme les fourmis noires, ou bien encore les mystérieuses créatures du Bout du Monde.
Dans ce jeu, vous dirigez cependant et exclusivement 103 683ème, mais pas d'inquiétude pour les fans du livre : vous croiserez de nombreuses fourmis du roman, dont plusieurs reines et bien évidemment, 327ème.
Une version 2024 qui fait à la fois office de suite et de reboot
Préparez pour le moment d’infiniment petit, où toutes les perspectives sont renversées
Sortie il y a près d'un quart de siècle, la 1ère adaptation des Fourmis, déjà sous label Microïds, était à la fois un jeu de stratégie avec des phases de batailles, mais aussi de gestion, avec le développement souterrain de Bel-O-Kan et de la cité de la Reine Belo-Kiu-Kiuni.
Près de 25 ans plus tard, cette nouvelle adaptation, toujours pour le compte de Microïds, mais désormais confiée à la réalisation de Tower Studios, se situe chronologiquement après le 1er jeu, scénaristiquement parlant : la cité de Bel-o kan est désormais prospère, et pilote la fédération de 5 grandes cités fourmis, dont les Reines sont toute issues de la même Mère, Belo-Kiu-Kiuni.
Pour autant, la parenté avec le 1er jeu s'arrête là, car Tower Studio va faire le choix de repenser complètement le gameplay, délaissant ainsi les phases de gestion souterraines de la fourmilière de Bel-o-Kan proposées dans le jeu des années 2000, au profit d'un soft reboot centrée pour l'essentiel sur des batailles stratégiques en surface,, avec néanmoins quelques digressions vers des niveaux de plateformes, d'exploration, de Tower Defense et même un chouilla d'infiltration. Tout un programme.
Le jeu comporte 5 chapitres : chacun d'entre eux amène la 103 683ème à rejoindre l'une des cités de la fédération, à la fois en tant qu'émissaire, mais aussi de conseillère tactique et stratégique.
Chaque cité fera œuvre de Hub central, à partir duquel vous partirez en mission en parlant à différentes fourmis de chaque cité.
Des missions variées et réussies : la partie exploration / plateforme
Qui sait quels dangers rôdent dans les terriers?
Si la stratégie occupe une face prépondérante dans Les Fourmis, d'autres types de phases de jeu sont également disponibles, apportant ainsi une respiration bienvenue à l'expérience globale.
Attention à ne pas tomber dans les filets d'un prédateur qui guette dans l'obscurité...
Fort de ses capacités d'acrobate (103 383ème peut courrier, marcher sur toutes les surfaces et dans tous les sens, ou même faire des sauts impressionnants), notre fourmi pourra ainsi explorer des grottes à la recherche d'artefact humains, chasser des lucioles pour leur merveilleux mucus, ou encore infiltrer des zones ennemies pour marquer des positions à prendre pour de futures batailles.
Simple et efficace, les missions d'infiltration en territoire ennemi sont plutôt cools !
Ces phases d'explorations vont démontrer le travail absolument formidable de Tower Studio sur les déplacements de 103 683ème, sur sa capacité à marcher sur des surfaces extrêmement irrégulières et terriblement réalistes pour apporter une proposition rarement vu dans un jeu vidéo.
Tourner autour des feuilles d'une plante, grimper sur des tiges qui semblent grandes comme des grattes ciels, plonger sur des nénufars tout en évitant le plus terrible des ennemis : l'eau.
Les sensations, souvent renversantes, rappellent cet étourdissement vécu dans Mario galaxy, à tourner autour de petites planètes, ou bien encore Deadly Creatures, où marcher sur des murs ou au plafond bouleversait complètement nos repères.
A l'endroit...A l'envers...On s'y perd !
Vous croiserez des bouteilles géantes en plastiques, des coccinelles voraces, des guêpes belliqueuses ou bien encore de terribles araignées affamées (pour les arachnophobes, il est possible de supprimer les araignées du jeu via les options).
Et je ne parle même pas de ces montagnes géantes, qui se déplacent avec fracas : les voitures.
"Message aux fourmis : pièce en métal, inconnue, mais quelques traces de nourriture sur le tranchant"
Si ces phases sont plutôt casuals, elles n'en demeurent pas moins plaisantes, et servies par un formidable travail de level design, alliant photoréalisme du relief (sol forestier, branches, plantes, cailloux enchevêtrées) et maitrise de son gameplay.
Jamais vous ne rencontrerez de problèmes de collisions et/ou de caméras. Et quand on voit l'étendue et la complexité du relief, on a qu'une chose à dire : chapeau bas Tower Studio.
Les phases contemplatives, alliées au mode photo, sont un vrai bonheur.
Des missions variées et réussies : la STR
Passé ces petites et jolies parenthèses, le cœur de l'expérience des Fourmis version 2024 est néanmoins et avant tout celle d'un jeu de stratégie.
Pour se faire, vous vous lancerez dans des niveaux de très grandes tailles, aux reliefs et aux dispositions variés, prenant contrôle de la zone, menant bataille à la fois contre la faune locale (termites, coccinelles, mantes religieuses...) ou bien contre les cités fourmis ennemies.
Les sols sont accidentés, bourrés de relief et d'un photo réalisme à couper le souffle !
C'est parti pour la Guerre !
Chaque phase de bataille repose sur les mêmes principes : vous disposez ou devez conquérir sur la carte d'un ou plusieurs nids.
Chaque nid dispose de son propre outil de production économique (bois ou nourriture, au choix), de son propre système de défense possible (artilleuse, gardiennes, barrière en bois...) , de son propre système de chambre (phéromones de pouvoir outils de détection) limité en nombre ou d'évolution technologique (sous la forme de 3 rangs de progression).
Avancer au milieu de la nuée de ses légions à quelque chose de grisant ...
A l'assaut !
Chaque nid et ses composantes peut ainsi apporter sa contribution au bénéfice de l'ensemble du réseau. Chaque nid sert aussi de pouponnière possible pour une cohorte (dans la limite de 6 cohortes au maximum par bataille, et ce, sous conditions.
Admirez les effets de transparence...
Prenons ce nid mes sœurs !
Chaque nid a ainsi une grande importance car il produit à la fois les ressources vitales nécessaires du développement (le bois et la nourriture) mais protège aussi en son sein les technologies pouvoirs de votre tout : perdre un nid, c'est perdre vos capacités de productions, vos systèmes de détections ou de cartographies, voir même l'une de vos cohortes. Cela peut complètement changer le cours de la bataille et son rapport de force.
Un système de classe basé sur un code couleur
Les combats tiennent compte du relief !
Les cohortes de fourmis se basent sur 3 grandes familles :
- les Guerrières (oranges) sont fortes face aux ouvrières et redoutables pour attaquer les faunes locales ou prendre d'assaut les nids ennemis. Leurs têtes, de taille exagérée et leurs mandibules tranchantes comme des rasoirs, en font des ennemis dangereux. Elles sont le cauchemar des fourmis ouvrières, bien plus petites et faibles.
- les Artilleuses (vertes) sont redoutables au combat à distance : forte d'un abdomen rempli d'acide, elles peuvent attaquer à longue distance et détruire des cohortes ennemies en le ravageant. Elles sont le cauchemar des fourmis guerrières.
- Enfin les Ouvrières (bleu) sont petites, lentes, mais très polyvalentes et dotées de la capacité unique de récolteuse : elles peuvent ainsi accélérer grandement la production de bois, en désossant des pommes de pain, ou faire grimper en flèche le stock de nourriture, en dévorant des fruits ou autres aliments trouvés sur la carte.
En pleine bataille, elles sont l'avantage sur les artilleuses en passant sous leurs tirs acides.
Les Frelons sont grisants
Cette construction tripartite entre ces 3 types de fourmis cohortes base donc un effet de supériorité/infériorité triangulaire entre ces 3 classes :
- Les oranges sont fortes face aux bleues mais faibles face aux vertes.
- Les vertes sont fortes face aux oranges mais faibles face aux bleues.
- Les bleues sont fortes face aux vertes, mais faibles face aux oranges.
Il faut avouer que le tuto du jeu survole un peu rapidement ce principe de code couleur et il est impossible d'y revenir sans rejouer un chapitre : c'est donc par la pratique de la bataille que l'on va surtout le mémoriser.
Les escargots peuvent servent de monture pour submerger la mélée
Arriver ai-je à ramener cet escargot à la Cité?
A noter aussi qu'au gré de vos évolutions technologiques dans les nids, vous pourrez monter la puissance de vos cohortes et ce, jusqu'à 3 rangs / niveaux.
Chaque niveau nécessite d'obtenir un rang technologique , mais aussi d'avoir suffisamment de nourriture. Une fois atteinte, vous pourrez soit créer directement votre cohorte au rang atteint, ou faire évoluer votre cohorte actuelle vers le rang supérieur.
Attention cependant : faire évoluer votre cohorte en pleine bataille la fera disparaitre temporairement de la bataille, le temps pour leur pouponnière de les faire évoluer. Alors que gaffe de ne pas se retrouver sans unités disponibles en plein combat !
Les coccinelles gardent farouchement des points de nourritures
Comme chaque règle à son contournement, Tower Studio inclut 2 autres couleurs/cohortes, qui ne sont pas concernées par ce rapport d'équilibre entre les 3 couleurs de base.
- Le rouge, celle de la classe des prédateurs
Les unités rouges sont des unités lourdes, bien plus gourmandes en ressources et limitées à une cohorte par bataille
Il en existe 4 races :
- les Géotrupes, véritables tanks sur pattes et résistants à tous les types de cohortes de base.
- Les Cétones dorées : insensibles à l'acide des artilleuses, mais moins résistants que les géotrupes face aux fourmis de combats au sol
- Les Frelons : hyper rapides, constamment en vol, ils peuvent attaquer les fourmis guerrières et ouvrières du ciel et sans subir le moindre dégât. Elles sont, en revanche, faibles face à l'acide des artilleuses et incapables de se poser au sol pour prendre un nid ennemi d'assaut.
- Enfin, la mate religieuse : déblocable à la fin de l'aventure principale, elle est la plus redoutable des unités au sol. Gigantesque, puissante, très résistante, elle domine les troupe au sol à défaut de pouvoir attaquer les unités volantes.
On peut également s'en servir comme monture pour travers les cours d'eau sur les cartes composées d'ilots !
La Mante religieuse déloquée, on ressent à la fois un sentiment de crainte et de toute puissance !
La mante religieuse fait des raves lors de l'attaque de nids !
On peut même s'en servir de monture pour traverser les fleuves avec 103 683ème !
5ème et dernière couleur : le gris (soutien)
Pas très utile je trouve, mais elles ont le mérite d'être là. Il existe 2 races de soutien.
- les pucerons : ils ne combattent pas mais se mêlent à la bataille en apportant un boost de vitesse aux autres unités. Pratique quand le niveau est énorme et qu'il y a de longues distances à parcourir rapidement.
- Les escargots : un seul possible par bataille. Gigantesque, lent mais sa bave apporte aux troupes un bouclier équivalent à 30% de dégâts lors vos cohortes son au repos.
- Les scarabées rhinocéros : Incapables de combattre, ces unités volantes permettent de transporter vos troupes ou 103 683ème rapidement, en traversant de grandes distance ou même des fleuves !
Ces 4 unités de soutien sont très faibles face à tout type de fourmis.
C'est ultra grisant de pouvoir volet avec votre petite fourmi ou de pouvoir transporter rapidement des légions entières !
Une fourmi qui devient une souris
103 683ème...Elle n'est pas migonne?
A noter que, chose rare pour un STR, "Les Fourmis" est un jeu parfaitement pensé "console", y compris sur PC. En effet, ici, point de curseur de souris : c'est la 103 683ème qui fera office de point de repère..
Un peu comme Olimar dans Pikmin, mais la comparaison s'arrête là.
A défaut d'avoir des dessins visibles à cause de a superposition de l'image et du jeu, le menu offre un code couleur qui permet de d'y retrouver à force de pratique.
C'est donc 103 683ème qui est au centre des déplacements de caméras, et c'est aussi elle qui sert de mire pour sélectionner les menus, présents en anneau (façon Secret of Mana, avec différents couleurs) au dessus de chaque nid.
Comme le jeu est pensé cross plateform, cela équilibre donc bien les choses.
Et reconnaissons que les menus sont très visibles, grâce à leur code couleur clair, même si les dessins, superposées au jeu façon réalité augmentée, sont parfois cachés par les éléments à l'écran.
Avant de pouvoir les apprivoiser lors du chapitre 5, les Mantes religieuses sont des ennemies redoutables à ne surtout pas sous-estimer.
L'Art de la guerre
Mange ça, saloperie d'araignée ! A table mes sœurs !
Dans les Fourmis, la guerre est à la fois le fruit d'une anticipation des positions stratégiques, mais aussi l'art de déployer avec rapidité et efficacité ses troupes sur le champ de bataille.
Au joueur de mettre donc chaque type de cohorte qui lui donnera l'avantage dans son code couleur face à une ou plusieurs troupes ennemis; où vos guerriers auront l'avantage.
Chaque prise de position d'un nid peut également couper les troupes d'approvisionnement ou les pouvoirs à disposition dans un sens ou dans l'autre. Il faut donc attaquer ou défendre très rapidement et les pouvoirs de vitesse, d'empoisonnement ou de rage ne sont pas de trop tant l'équilibre est parfois tendu et tant les distances à parcourir sur les chams de bataille importantes.
J'aperçois au loin quelque chose sous cette arche...
Mes soeurs ne savent pas ce que c'est...Mais c'est bon !
Et c'est grand !
Ramenons vite cette nourriture pour fortifier les cohortes et prendre l'avantage sur la zone, mes sœurs !
Les fourmis se déplacent lentement : ne pas anticiper le chemin à parcourir, c'est arriver trop tard et donc, perdre un nid (voir perdre votre le nid principal, déclenchant la défaite immédiate) : il faut donc être tout le temps sur le qui vive et positionner intelligemment ses troupes aux endroits névralgiques en apportant soutien et réactivité en permanence !
Une difficulté assez casual mais avec quelques missions très dures
Il faut vite se positionner correctement avant d'être débordées !
Chaque chapitre contient les différents types de missions susnommés : exploration, bataille Tower Defense, infiltration. Elles ne sont en revanche pas toutes à réussir pour pouvoir accéder au chapitre suivant.
Chaque chapitre dispose de façon optionnelle d'un mission (très) hard : j'ai passé plus de 20 h juste sur l'une d'entre elles. C'était âpre, décourageant, mais aussi jouissif lorsque la bataille fut dominer toute la carte !
Un scénario avec beaucoup de clins d'œil et renvois au livre, mais mal raconté
Les phéromones racontent des passages clés du livre et sont à collectionner
Raconter la partie "fourmi" du roman est un peu compliqué. Pour accompagner le déroulement du scénario, le jeu va vous proposer de trouver des phéromones : des traces chimiques laissées par les fourmis qui feront apparaitre les scènes principales des chapitres insectoïdes du livre.
C'est un processus narratif quelque peu expéditif déséquilibré. Le 4ème chapitre va par exemple vous apporter presque une dizaine de phéromones mémoires en moins de 5 minutes, faisant ainsi des bonds en avant spectaculaires de centaines de pages du livre et ce, en quelques instants dans le jeu.
Budget oblige, il n'y a également quasiment pas de cinématique in game.
C'est un peu frustrant, mais Tower Studio a le mérite d’incorporer l'histoire du livre, à défaut de la raconter avec force et émotion.
Une réalisation technique et artistique à couper le souffle
Admirez ces lumières...
S'il y a bien une chose qui impressionne dans les Fourmis (et en particulier pour un jeu Microids), c'est bien la réalisation : elle est à couper le souffle.
Admirez ces textures !
Admirez ce bois !
Si l'éditeur français à l'habitude de proposer des jeux à base de Unity et de budgets coupés à la serpe, les Fourmis bénéficient ici d'une réalisation de très haute volée, sous Unreal Engine 5, avec une maitrise qui laisse pantois.
Même les différents écrans titres sont magnifiques
Les environnements sont incroyablement complexes dans leur modélisation et la qualité photo réaliste de leurs textures, avec des éclairages incroyables et une animation sans faille, servie dans un 60 fps jamais pris à défaut ; aucun clipping d'aucune sorte, aucun bug, des temps de chargements inexistants : Tower Studio livre ici non seulement une parfait exemple de maitrise technique, mais aussi l'un des plus beaux jeux de la génération, tout simplement.
De ce côté là, c'est le jeu Microids le plus impressionnant auquel j'ai pu jouer.
Différents modes possibles
En plus de son aventure principale, Les Fourmis disposent également d'un mode "Escarmouche", ainsi que d'un multijoueur en ligne et qui est Cross Platform.
Je n'ai malheureusement pas testé ces 2 modes à l'heure où j'écris ces lignes. A voir, pour une future mise à jour de ce test.
On s'y croirait
Conclusion
20 heures à me casser les dents sur cette mission passionnante !
En dépit ou grâce à Microids, Tower Studio livre ici un jeu de stratégie d'une qualité remarquable, pensé pour tous les publics et pour toutes les plateformes, avec un soin, une maitrise et un niveau de détails qui mérite l'admiration et un immense respect.
Les Fourmis, version 2024, est plus qu'un simple petit jeu sympathique : c'est l'un des meilleurs jeux de l'année, et le découvrir (trop tardivement) en 2025 après la fermeture du studio ne peut que m'apporter qu'amertume et rage face à un Microïds dont j'ai cessé de chercher à comprendre les décisions depuis longtemps...
Disponible à 40 balles, neuf, et ce dans une superbe édition limitée, je ne peux que vous inviter à sortir de vos habitudes de jeux et de vous y essayer, tant l'expérience s'avère aussi prenante que rafraichissante. Bravo Tower Studios et merci !
PS : pour aller plus loin
