Ce cauchemar vidéoludique, pour reprendre les termes de M. Jumpman, est un pur bijou d’inconfort, brillant et ciselé à la perfection, à base d’ouverture de portes ! Une suite de pièces qui s’allongent, se déploient, nous enferment ou changent en un regard. L’invention dans la mise en scène est permanente, joue sur l’inattendu, les ruptures et occasionne par accumulation, pour ma part (et apparemment je ne suis pas le seul vu la réputation du jeu) une perte de repère totale. Et une peur tenace, l’impossibilité de mourir, ici, n’étant pas un cadeau car nous cherchons une issue qui nous échappe en permanence. Sous ses dehors de bad trip totalement absurde, se raconte l’histoire d’une famille : un peintre, mari et père obsédé par sa peinture ; sa femme, son principal modèle ; et sa fille (que l’on incarne dans le DLC, en guise d’épilogue). A mesure que nous avançons dans les méandres, se dessinent les motifs de cette folie et ses conséquences plus que désastreuses. Subtil, inspiré, parfaitement réalisé (sur Switch, c'est le haut du panier), un « merveilleux » mauvais rêve si j’ose dire.